Nicolas Sarkozy et le président sénégalais Abdoulaye Wade © LCILe 25è sommet Afrique-France, qui accueille lundi et mardi à Nice 38 dirigeants africains, est le premier du genre pour Nicolas Sarkozy, qui a plusieurs fois dit sa volonté de sortir des anciens réseaux d'influence pour favoriser plus strictement les intérêts de la France, qui n'a plus vocation à être le gendarme de l'Afrique. La rencontre, co-présidée par le président français et son homologue égyptien Hosni Moubarak, est présentée comme celle du "renouveau", faisant la part belle aux puissances nigériane et sud-africaine, en s'efforçant de ne pas fâcher les vieux alliés francophones.
Sarkozy veut un siège permanent à l'Onu pour l'Afrique
En ouverture du sommet France-Afrique qui se tient à Nice jusqu'à mardi, le chef de l'Etat a jugé inadmissible qu'aucun pays africain ne siège au conseil permanent des Nations unies.
Publié le 31/05/2010
Initialement prévu en Egypte, le choix final de la Côte d'Azur a permis à Paris d'éviter la présence du Soudanais Omar el-Béchir, visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale et qui envoie un représentant. Seuls deux des 53 pays africains ne seront pas représentés : le Zimbabwe, dont le président Robert Mugabe est en disgrâce internationale, et Madagascar, en pleine crise politique. A la faveur de l'instauration de "transitions consensuelles", selon l'Elysée, les putschistes guinéen et nigérien ont été invités.
"Trade, not aid"
Ce sommet de la "normalisation", selon plusieurs experts, s'annonce axé sur l'économie, avec une série de rencontres entre entreprises françaises et africaines. L'idée est d'adopter une approche pragmatique, sur le modèle du "Trade, not aid" (du commerce, pas de l'aide) anglo-saxon, qui propose une aide destinée à doper les secteurs de croissance. Et de contrer la Chine, qui offre des milliards et des infrastructures en échange de matières premières. Autre changement : ces traditionnelles grand-messes bisannuelles seront désormais organisées "tous les trois ans".
Le sommet s'articulera autour de trois grands huis clos entre chefs d'Etat portant sur la "place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale", le "renforcement de la paix et de la sécurité", les questions de "climat et développement". "On ne pourra résoudre aucun problème international majeur sans parler aux Africains. Cela suppose qu'ils aient une juste place dans les institutions internationales (ONU, G20)", explique-t-on à l'Elysée. Concernant les enjeux environnementaux, Paris cherche à établir une "position commune" avec les pays africains, avant la conférence sur le climat prévu à l'automne à Cancun.
Les traditionnels alliés de Paris (Cameroun, Gabon, Congo) ont confirmé leur présence, ainsi que des représentants de l'Union africaine, de l'Union européenne et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. En revanche, l'Ivoirien Laurent Gbagbo boycotte un sommet auquel il ne participe plus depuis 2002. Le président français soignera tout particulièrement le président sud-africain, Jacob Zuma, qui fait le déplacement à quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde de football. Un déjeuner en tête à tête est prévu. Un long aparté est aussi programmé avec le Nigérian Goodluck Jonathan, qui a prêté serment le 6 mai après le décès du président Umaru Yar'Adua, prenant les rênes du pays le plus peuplé d'Afrique qui dispute à l'Angola la place de premier exportateur de pétrole africain. Autre présence notable, celle de l'Algérien Abdelaziz Bouteflika, qui pourrait marquer un dégel des difficiles relations entre Alger et Paris.
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