© AFP"Circulez, y'a rien à voir". Voilà comment pourraient être résumées les réponses des dirigeants de l'Union européenne face à la situation financière de l'Espagne -beaucoup d'observateurs estiment que sa dette pourrait créer une nouvelle crise "à la grecque" dans la zone euro.
Un sommet de l'UE au format réduit
Les dirigeants de l'UE se retrouvent à Bruxelles ce jeudi pour un Conseil européen réduit à une journée. Au menu : la situation encore tendue sur les marchés et la gouvernance économique européenne.
Publié le 17/06/2010
Officiellement, l'Espagne n'était d'ailleurs pas au programme du sommet de Bruxelles, qui s'est déroulé ce jeudi dans un format réduit d'une journée en raison de la participation vendredi de plusieurs dirigeants, dont David Cameron, le nouveau Premier ministre britannique, et Nicolas Sarkozy, aux cérémonies du 70e anniversaire de l'Appel du 18 Juin. Mais, comme prévu, les 27 ont abordé le sujet lors de discussions dites "informelles". Et il en est donc sorti une réflexion commune : pas besoin de s'inquiéter.
"Rumeurs infondées"
"Nous considérons qu'il n'y a pas de problème avec l'Espagne, nous faisons pleinement confiance aux autorités espagnoles. C'est une analyse que nous sommes 27 à faire, très clairement, et c'est une analyse qui est partagée par la Banque centrale européenne et par la Commission" européen", a ainsi résumé Nicolas Sarkozy. Herman Von Rompuy, le président stable du Conseil européen, a ajouté que les mesures du gouvernement de José Luis Zapatero étaient "courageuses" et qu'elles "produiront des résultats".
Face à ces louanges, le Premier ministre espagnol a eu beau jeu de parler de "rumeurs infondées" sur la fragilité de son secteur financier. Les presses espagnole et allemande ont en effet fait récemment état de préparatifs en cours pour un plan d'aide. José Luis Zapatero a également indiqué que sa réunion avec Dominique Strauss-Kahn n'allait servir qu'à présenter la situation de son pays au FMI, pas à lui demander de l'argent.
Les "stress tests" seront publiés
Sur les autres dossiers qui étaient officiellement au menu, les chefs d'Etat et de gouvernement ont, comme prévu, décidé d'introduire des taxes sur les banques dans leurs pays et de promouvoir l'idée d'une taxe mondiale sur les transactions financières lors du sommet du G20 de Toronto la semaine dernière. Ils ont également donné leur feu vert à la publication des résultats détaillés des tests de résistance ("stress tests") auxquels sont soumises leurs grandes banques, espérant ainsi rassurer les marchés inquiets d'y découvrir de mauvaises surprises.
Ils ont aussi validé le projet franco-allemand -plus allemand que français d'ailleurs-sur la "gouvernance économique". Désormais, ce gouvernement économique englobera les 27 pays, même si les 16 dirigeants de la zone euro se réuniront "en cas de nécessité". Enfin, ils ont pris des engagements pour durcir le Pacte de stabilité. Concrètement, ils ont accepté de faire examiner au niveau européen à partir de 2011 leurs projets de budgets nationaux au printemps de chaque année, avant qu'ils ne soient adoptés par leurs Parlements. La mesure reste controversée.
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