© TF1/LCI"Ce vote met fin à une longue hypocrisie", s'est réjouie Sandrine Bélier mercredi au Parlement européen. Pour l'eurodéputée verte française, l'Union européenne dénonçait jusqu'ici la déforestation sauvage "tout en continuant à lui ouvrir impunément l'un des plus gros marchés au monde". Une époque bientôt révolue : l'Union européenne a donné mercredi son feu vert à l'interdiction de toute vente de bois ou de produits dérivés issus d'abattages illégaux sur le territoire des 27. Le vote au Parlement européen vise à lutter contre la déforestation et la protection du climat, notamment au Brésil, en Afrique centrale ou en Russie. Une décision de grande ampleur : le WWF estime qu'en 2006, l'UE a importé quelque 30 millions de m3 de bois et de produits dérivés d'origine illégale, principalement de Russie, Chine et Indonésie. L'Afrique, notamment la République démocratique du Congo ou le Gabon, serait aussi concernée. Selon l'ONU, le volume de bois issu de coupes illégales représenterait entre 350 et 650 millions de m3 par an, soit entre 20 à 40% de la production mondiale de bois industriel. Et la déforestation, qui progresse de 13 millions d'hectares par an, serait à l'origine de 20% des émissions mondiales de CO2 selon la Commission européenne.
Les importateurs de bois ou de produits dérivés, comme les meubles en bois exotique, seront désormais tenus de s'assurer de la légalité de leurs importations. La loi impose aussi aux opérateurs qui suivent dans la chaîne d'approvisionnement d'indiquer à qui ils ont acheté les produits et à qui ils les ont revendus, dans un souci de traçabilité. Il revient aux Etats de sanctionner les contrevenants. Les sanctions pourront prendre en compte l'ampleur du dommage environnemental, de la valeur du bois ou le manque à gagner fiscal. Sont également suggérées la saisie du bois et des produits dérivés concernés, voire la suspension immédiate de l'autorisation d'exercer une activité commerciale. Les Etats européens doivent formellement valider le texte adopté par le Parlement.
Les livres et les imprimés exclus du champ d'application
Les ONG - Greenpeace, WWF, Amis de la Terre - ont salué un "pas important ", tout en regrettant qu'aucune sanction minimale ne soit prévue par la loi. En outre, si les fabricants de papiers sont concernés, ce n'est pas le cas des livres et des imprimés qui ont été exclus du champ d'application grâce à un "lobbying intense des imprimeurs", a relevé l'eurodéputée écologiste finlandaise Satu Hassi qui a négocié le texte avec les 27 Etats européens. Cela risque de "créer un encouragement à délocaliser les imprimeries en dehors de l'UE". La législation aura également un impact en matière de climat, soulignent les ONG.
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