Mises au ban des nations, les sous-munitions tuent encore

Par TF1 News, le 01 août 2010 à 08h48 , mis à jour le 01 août 2010 à 09h04

Les ONG qui mènent la lutte contre les armes à sous-munitions espèrent que l'entrée en vigueur de la Convention d'Oslo, ce dimanche, va forcer les grandes puissances militaires à renoncer à leur utilisation.

Largage d'un conteneur de bombes à sous-munitions (archives)Largage d'un conteneur de bombes à sous-munitions (archives) © TF1 News

Pour la Croix-Rouge et de nombreuses ONG engagées dans des zones de conflit, la date de ce 1er août 2010 marque une victoire symbolique : celle de l'entrée en vigueur de la Convention d'Oslo. Ce traité international interdit l'emploi, la production, le stockage et le transfert des armes à sous-munitions. Conclu en décembre 2008 et signé à ce jour par 107 nations, il entre dans les faits six mois après sa ratification par plus de trente pays.

Pour le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, cette Convention est une "avancée majeure" pour débarrasser le monde de ces "armes ignobles". Le président du Comité international de la Croix-Rouge, Jakob Kellenberger, salue l'entrée en vigueur de ce traité, qui "va stigmatiser l'utilisation des armes à sous-munitions". Il en espère aussi "un effet sur les pratiques des Etats qui n'y ont pas encore adhéré". Peter Herby, le négociateur du CICR pour les armements, renchérit : "Peu de pays vont à présent utiliser encore couramment des sous-munitions durant les conflits grâce au message politique, légal et moral envoyé par la Convention".

Machines de mort, mode d'emploi

Les bombes à sous-munitions concentrent depuis des années les critiques de nombreuses ONG. Elles sont un compromis terriblement efficace entre les bombardements et les champs de mines antipersonnel - ces petites machines de mort calibrées précisément pour éventrer ou arracher un membre, mais sans nécessairement tuer, car un blessé immobilise un ou plusieurs autres combattants qui doivent lui porter secours. Larguées par voie aérienne ou tirées par voie terrestre, les bombes à sous-munitions sont stockées dans un conteneur qui s'ouvre dans les airs et les éjecte en plein ciel. Ces explosifs de la taille d'une balle de tennis se dispersent alors sur de larges zones. De 5 à 40% des sous-munitions n'explosent pas au contact du sol et peuvent rester actives pendant des années durant lesquelles elles peuvent tuer ou blesser des civils, dont des enfants, plus vulnérables car ils sont tentés de les ramasser.

Ces armes ont été notamment utilisées durant la guerre du Vietnam, dans les Balkans ainsi qu'au Liban sud en 2006, et continuent de faire des victimes. Au Laos, qui accueillera en novembre la première réunion de suivi de la Convention, 300 personnes en moyenne sont encore tuées ou blessées chaque année par des sous-munitions larguées durant la guerre du Vietnam, selon la Coalition contre ces armes.

La Coalition contre les armes à sous-munitions estime le stock mondial à plus d'un milliard de bombes, mais de grandes puissances militaires comme la Chine, la Russie, les Etats-Unis et Israël, qui en possèdent la plus grande partie, ont jusqu'à ce jour refusé de signer la Convention d'Oslo. Les Etats-Unis à eux seuls disposeraient de stocks d'armes contenant environ 800 millions de sous-munitions, selon la Coalition contre les bombes à sous-munitions, citant des documents du Congrès américain. Vingt-deux des 29 Etats membres de l'Otan ont signé le texte, dont le Royaume Uni, l'Allemagne et la France qui possèdent chacun des stocks estimés à 50 millions de sous-munitions.

Par TF1 News le 01 août 2010 à 08:48
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1 Commentaires

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  • ysgawin, le 01/08/2010 à 15h42

    Mais pourquoi ne nous font-ils pas une association contre les IED ou contre les attaques suicides ? Ca aussi ça tue beaucoup d'innocents...

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