Roms : clash entre Sarkozy et Barroso, Merkel s'en mêle

Par F.A., le 16 septembre 2010 à 17h17 , mis à jour le 16 septembre 2010 à 20h51

Dossiers : UE, Immigration

Selon plusieurs participants, le président de la République et le président de la Commission européenne ont eu un échange "très violent" ce jeudi à Bruxelles sur la politique de la France. Le chef de l'Etat relativise et affirme être soutenu par les autres dirigeants. Mais Angela Merkel donne une autre version...

José Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy, à Bruxelles, le 16 septembre 2010José Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy, à Bruxelles, le 16 septembre 2010 © TF1/LCI

 
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  • Sarkozy : "Si quelqu'un a gardé son calme, c'est bien moi"

    Interrogé sur un échange qui aurait été "très violent," lors du sommet de l'UE, avec José Manuel Barroso au sujet des renvois de Roms, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il avait gardé son calme et que ses relations avec le Président de la Commission européenne étaient bonnes.

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Plus d'infos

Après les échanges verbaux acerbes de ces derniers jours entre la France et la Commission européenne, et malgré la volonté d'apaisement amorcée par les deux parties mercredi soir, le sommet de l'Union européenne à Bruxelles s'annonçait tendu. Officiellement, les expulsions de Roms par Paris ne figuraient pas à l'ordre du jour, consacré en grande partie à la discipline budgétaire.
 
Mais Nicolas Sarkozy avait fait savoir par avance qu'il comptait bien s'expliquer et défendre sa politique devant les autres dirigeants européens. Et d'après le Premier ministre bulgare, concerné par le sujet puisque des Roms ont été raccompagnés dans son pays, la discussion a tourné au vinaigre avec José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. "Il y a eu un échange très violent", a affirmé Boyko Borissov, qui avait indiqué la semaine dernière n'avoir aucun reproche spécial à adresser à la France. Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, parle d'une explication "mâle et virile".
 
Selon une autre source, Nicolas Sarkozy a tout d'abord pris la parole à la fin de la session de travail de la matinée. "La Commission a blessé la France", aurait lancé le chef de l'Etat, en référence à la comparaison de Viviane Reding, vice-présidente de la Commission et commissaire à la Justice et aux Droits fondamentaux, entre les expulsions de Roms et les déportations de juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. José Manuel Barroso aurait alors "rappelé et vigoureusement défendu l'institution et le rôle de la Commission" et souligné qu'il ne voulait "pas se laisser distraire de son travail" par des querelles.

"J'ai gardé mon calme"
 
Interrogé sur cette altercation lors de sa conférence de presse qui a suivi le sommet, Nicolas Sarkozy a répondu indirectement. "S'il y a bien quelqu'un qui a gardé son calme, c'est moi (...). Il n'y a pas eu d'éclat de voix. Mais j'ai dit, c'est vrai, ce que la France pensait", a-t-il précisé, en se félicitant que José Manuel Barroso se soit "désolidarisé" de Viviane Reding. Il a également relevé que tous les dirigeants avaient aussi condamné les propos de la commissaire, qu'il qualifie d'"outranciers". Il s'est dit donc conforté par l'UE sur ce problème et entend rester ferme. Il a ainsi affirmé que la France continuerait sa politique de démantèlement des camps illégaux et des expulsions des Roms en situation irrégulière.

De son côté, José Manuel Barroso, lors de sa propre conférence de presse, n'a pas réellement abordé l'accrochage. Il s'est contenté de rappeler que les discriminations ethniques étaient "inacceptables".

La version de Berlin

Autre son de cloche, celui de Berlin... bien différent de la version du président français qui avait affirmé, lors de sa conférence de presse, que la chancelière allemande lui avait confié avoir elle aussi l'intention de procéder dans les prochaines semaines à "des évacuations de camps". L'information avait aussitôt été démentie par des diplomates allemands et l'a été de manière officielle dans la soirée.

"La chancelière Merkel n'a parlé ni lors du Conseil européen, ni lors d'entretiens en marge du Conseil avec le président français Sarkozy de prétendus camps de Roms en Allemagne, et en aucun cas de leur évacuation", a déclaré le porte-parole du gouvernement dans un communiqué dans lequel il confirme en revanche le soutien de l'Allemagne à la France "en ce qui concerne les critiques sur la forme et le ton des propos de la commissaire européenne (Viviane) Reding".

Le problème renvoyé à plus tard

Sur le fond du problème au niveau européen, le projet de déclaration commune sur la nécessité de mieux intégrer les Roms a  été abandonné.  "Personne n'en veut", souligne un diplomate. Le sujet a donc été renvoyé à plus tard, afin de mettre au point "une stratégie sur le long terme pour trouver une solution à ce problème". 

La question

Le gouvernement doit-il infléchir sa politique sur la question des Roms ?

Oui
Non

 

Par F.A. le 16 septembre 2010 à 17:17
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81 Commentaires

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  • jserg, le 19/09/2010 à 12h19

    Le soutien du peuple français avec 33% de cote de popularité ? Mon pauvre ami !

  • syberya, le 18/09/2010 à 17h24

    @tahiti32-- Mais tahiti, tou le monde sauf vous, sait que les roms de Roumanie, font partie de l'UE, et n'ont nullement besoin de visa, pour circuler librement...

  • mapyjo, le 18/09/2010 à 10h39

    Libre circulation, oui mais sans travail limitée à trois mois.

  • missilabeth, le 18/09/2010 à 01h45

    Il y a quelques années j'ai hébergé une étudiante allemande, et j'avais beau lui expliquer elle ne savait pas ce qu'était le mode de vie tzigane, il n'y avait pas de mot prévu dans le vocabulaire.En tout cas elle ignorait tout du sujet.Nous ne vivons pas les mêmes choses bien qu'étant deux pays européens et voisins? Me Merkel n'a pas 400000 gitans en allemangne et plusieurs dizaines de milliers de roms à gérer. Le problème de l'europe c'est toutes ces différences et malgré tout une compétition un peu malsaine.

  • erleg71, le 17/09/2010 à 22h01

    Excellente analyse ! On ne saurait être plus exact : un simple coup électoral, comme vous dites. Le plus misérable étant que c'est la nation toute entière qui va pâtir de cette politique minable.

  • sambrest, le 17/09/2010 à 21h21

    Les Allemands rient tout simplement parce qu'ils sont plus forts que nous. et ça n'a rien à voir avec des pseudo syndicats moins rétrogrades, ou que sais je encore. ils sont meilleurs. dans un match ou une course il y a autant de mérite à être deuxième que premier. le deuxième a autant de mérite, néanmoins il est derrière...

  • kiss96, le 17/09/2010 à 21h02

    Bravo ,certain doivent etre de l'U M P et cela ne leurs plais pas!! mais comme vous j'ai le meme age mais plus nul que nul j'ai jamais vu avec ce gouvernement,quelle image de la France!!!y en a qui doivent RIGOLER!!!

  • yveslelion, le 17/09/2010 à 21h01

    Non , c'est une tactique pour nous eviter d'avoir un jour un gouvernement FN ,et c'est tres bien de sa part ne pensez vous pas ?

  • humanoide56, le 17/09/2010 à 19h54

    La france s'en remettra, lui non !

  • benerville, le 17/09/2010 à 19h15

    Si la gauche passe en 2012 patiente tu verras se serra encore plus nul.

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