Comment nourrir neuf milliards de Terriens ?

Par TF1 News (D'après agence) , le 20 septembre 2010 à 05h30 , mis à jour le 20 septembre 2010 à 16h46

Alors que s'ouvre à New York, en prélude à l'Assemblée générale de l'Onu, un sommet sur les moyens de combattre la pauvreté dans le monde, ONG et démographes tirent la sonnette d'alarme sur une bombe à retardement volontairement ignorée : l'explosion démographique.

Homme couché sur un globe terrestre à Copenhague, le 6/12/2009, veille du sommet sur le climatHomme couché sur un globe terrestre à Copenhague, le 6/12/2009, veille du sommet sur le climat © P. Kopczynski / Reuters

Dix ans après leur proclamation, l'Onu organise sur trois jours, jusqu'à mercredi, avant la tenue de son Assemblée générale, un sommet sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), programme phare pour réduire la pauvreté. Tandis qu'avec la crise économique l'aide publique au développement se raréfie, les chefs d'Etat et de gouvernement des 192 Etats membres de l'ONU se réunissent pour adopter un document de synthèse déjà préparé dans lequel les pays disent leur accord pour la recherche de nouveaux financements. Ces "financements innovants" peuvent inclure des taxes sur les billets d'avion, le tourisme, l'internet, la téléphonie mobile et les transactions financières "pour que la solidarité soit globale et dans tous les secteurs", explique Philippe Douste-Blazy, conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon sur cette question. Sans les financements innovants, "si nous conservons le statu quo, nous ne pourrons atteindre les OMD en 2015", souligne-t-il. Outre la réduction de moitié de la pauvreté extrême dans le monde d'ici à 2015, les OMD, fixés en 2000, consistent à assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le sida, le paludisme et d'autres maladies, préserver l'environnement et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Dans le document qui doit être adopté à New York, les chefs d'Etat regrettent "profondément de devoir constater que le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté ou touchés par la faim dépasse le milliard et que les inégalités, entre pays comme à l'intérieur des pays, restent un problème majeur". Pourtant, au-delà de cette question des inégalités et des financements à trouver pour combattre la pauvreté, il est un problème crucial qui risque de briller par son absence : que faire à propos de l'explosion démographique mondiale ? Nombreux sont ceux qui considèrent que la croissance démographique est un tabou, un sujet intimement lié aux problèmes de pauvreté et d'environnement mais soigneusement ignoré lorsque les dirigeants de la planète se rencontrent.

"Le monde ne se réveille que maintenant"

"Quand les objectifs du millénaire pour le développement ont été adoptés, il n'y avait pas un objectif concernant la population ou l'accès à la planification familiale", constate Alex Ezeh, directeur exécutif du Centre de recherche sur les populations et la santé en Afrique de Nairobi. "Cela a été une grosse erreur. Le monde ne se réveille que maintenant", regrette-t-il. Dans les pays pauvres, une croissance démographique galopante met à rude épreuve les infrastructures, la santé et l'éducation, tout en augmentant le risque environnemental et la vulnérabilité aux effets du changement climatique. Et ce alors que la population mondiale, de 6,8 milliards d'individus aujourd'hui, pourrait dépasser les 9 milliards en 2050, avec une très large majorité vivant dans les pays aujourd'hui en voie de développement.

Même des investissements minimes dans l'accès à la contraception, l'amélioration de l'éducation sexuelle ou la promotion de la liberté de choix des femmes en matière de procréation pourraient être bénéfiques. "Chaque dollar dépensé dans la planification familiale peut permettre d'économiser jusqu'à 31 dollars en soins, eau, éducation, habitat et autres dépenses", estiment huit experts dans le dernier numéro de journal Science. Et pourtant, remarquent les plus critiques, l'engagement politique a toujours été timide, inexistant voire délibérément étouffé au plus haut niveau.

Ce n'est qu'après des protestations qu'un objectif traitant des questions de population avait été ajouté, en 2007, aux OMD : rendre l'accès à la médecine procréative universel d'ici à 2015. "Comme nous avons démarré sept ans en retard, le résultat est extrêmement décevant : 215 millions de femmes ont un besoin de planification familiale non satisfait", affirme Gill Greer, la directrice générale de la Fédération internationale pour la planification familiale. Les dépenses globales dans la planification familiale ont diminué de moitié à la suite de son absence dans les objectifs du millénaire, et, aujourd'hui encore, "il existe une réticence" à aborder le sujet. Un silence assourdissant que certains attribuent en partie à l'influence de l'Eglise catholique et des évangéliques présents dans l'ancienne administration Bush, note Gill Greer. Mais certains précédents, comme les stérilisations forcées en Inde dans les années 70, ou les controverses nées de la politique chinoise de l'enfant unique sont aussi de possibles freins.

Par TF1 News (D'après agence) le 20 septembre 2010 à 05:30
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22 Commentaires

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  • michalowice, le 21/09/2010 à 08h59

    Apprendre aux riches que les pauvres existent !

  • syberya, le 20/09/2010 à 20h47

    Mais avant il faut refaire le Monde....

  • did004785, le 20/09/2010 à 20h15

    Il faut scolariser toutes les filles de la planète.

  • yenamrre, le 20/09/2010 à 18h42

    Bruno a bien compris le système, bravo !

  • aim, le 20/09/2010 à 13h28

    La quantité d'eau sur la terre est immuable. Mais chaque fois que la population mondiale augmente d'une unité, non seulement il y a un être humain de plus qui a besoin de boire mais les quarante litres d'eau qui entrent dans sa constitution sont exclus de la consommation. En quelques décennies la population africaine va doubler, passant de un à deux milliards d'individus. Faites le compte...

  • __camille__, le 20/09/2010 à 13h24

    La famine humaine ne serait-elle pas le seul moyen de défense efficace qu'ait la planète ?

  • baal_, le 20/09/2010 à 12h12

    C'est faux, la croissance économique n'est pas directement liée à la croissance démographique.

  • micmacintosh, le 20/09/2010 à 11h38

    Et la croissance ? Sans augmentation de la population point de croissance... Le monde est dirigé par l'argent et les boursiers qui ne veulent que ca: de la croissance (à 2 chiffres si possible) Faut pas rêver, on est de plus en plus et un jour nous seront trop. Il faudrait une grande politique mondiale de récession démographique, mais cela ne plairait pas du tout aux "actionnaires".

  • bruno-velizy, le 20/09/2010 à 11h18

    Et revoilà les taxes... Sinon, pour l'explosion démographique, ce n'est pas un problème. Il leur suffira de tous venir en France. De là, les associations feront en sorte qu'ils ne soit pas expulsés (sinon ce serait un climat type Vichy, vous comprenez ?) Et pour les nourrir, et bien il n'y aura qu'à taxer le capital et les entreprises. Voilà !

  • highend2, le 20/09/2010 à 11h17

    Pas d'allocations du tout, c'est plus simple

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