Homme couché sur un globe terrestre à Copenhague, le 6/12/2009, veille du sommet sur le climat © P. Kopczynski / Reuters
- Réduction de la pauvreté : les objectifs de l'ONU - 01 min 06 s
Dans le document qui doit être adopté à New York, les chefs d'Etat regrettent "profondément de devoir constater que le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté ou touchés par la faim dépasse le milliard et que les inégalités, entre pays comme à l'intérieur des pays, restent un problème majeur". Pourtant, au-delà de cette question des inégalités et des financements à trouver pour combattre la pauvreté, il est un problème crucial qui risque de briller par son absence : que faire à propos de l'explosion démographique mondiale ? Nombreux sont ceux qui considèrent que la croissance démographique est un tabou, un sujet intimement lié aux problèmes de pauvreté et d'environnement mais soigneusement ignoré lorsque les dirigeants de la planète se rencontrent.
"Le monde ne se réveille que maintenant"
"Quand les objectifs du millénaire pour le développement ont été adoptés, il n'y avait pas un objectif concernant la population ou l'accès à la planification familiale", constate Alex Ezeh, directeur exécutif du Centre de recherche sur les populations et la santé en Afrique de Nairobi. "Cela a été une grosse erreur. Le monde ne se réveille que maintenant", regrette-t-il. Dans les pays pauvres, une croissance démographique galopante met à rude épreuve les infrastructures, la santé et l'éducation, tout en augmentant le risque environnemental et la vulnérabilité aux effets du changement climatique. Et ce alors que la population mondiale, de 6,8 milliards d'individus aujourd'hui, pourrait dépasser les 9 milliards en 2050, avec une très large majorité vivant dans les pays aujourd'hui en voie de développement.
Même des investissements minimes dans l'accès à la contraception, l'amélioration de l'éducation sexuelle ou la promotion de la liberté de choix des femmes en matière de procréation pourraient être bénéfiques. "Chaque dollar dépensé dans la planification familiale peut permettre d'économiser jusqu'à 31 dollars en soins, eau, éducation, habitat et autres dépenses", estiment huit experts dans le dernier numéro de journal Science. Et pourtant, remarquent les plus critiques, l'engagement politique a toujours été timide, inexistant voire délibérément étouffé au plus haut niveau.
Ce n'est qu'après des protestations qu'un objectif traitant des questions de population avait été ajouté, en 2007, aux OMD : rendre l'accès à la médecine procréative universel d'ici à 2015. "Comme nous avons démarré sept ans en retard, le résultat est extrêmement décevant : 215 millions de femmes ont un besoin de planification familiale non satisfait", affirme Gill Greer, la directrice générale de la Fédération internationale pour la planification familiale. Les dépenses globales dans la planification familiale ont diminué de moitié à la suite de son absence dans les objectifs du millénaire, et, aujourd'hui encore, "il existe une réticence" à aborder le sujet. Un silence assourdissant que certains attribuent en partie à l'influence de l'Eglise catholique et des évangéliques présents dans l'ancienne administration Bush, note Gill Greer. Mais certains précédents, comme les stérilisations forcées en Inde dans les années 70, ou les controverses nées de la politique chinoise de l'enfant unique sont aussi de possibles freins.
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