Roms : des sanctions contre la France annoncées dès mercredi ?

Par TF1 News (D'après agence), le 28 septembre 2010 à 07h23 , mis à jour le 28 septembre 2010 à 13h52

Dossiers : UE, Immigration

La Commission européenne va décider au cours des prochaines heures si elle engage ou non une procédure d'infraction contre la France, accusée de pratiques discriminatoires envers les Roms. Un bras-de-fer à l'issue incertaine.

Campement de RomsCampement de Roms © LCI

La Commission européenne doit décider cette semaine si elle engage une procédure d'infraction contre la France et sa politique à l'égard des Roms alors que les relations sont tendues entre Paris et l'exécutif communautaire. Son président, José Manuel Barroso, joue son crédit sur ce dossier, estiment ses adversaires politiques socialistes, libéraux et verts au Parlement européen, partisans d'une "condamnation sans appel" de Paris. Mais les 27 commissaires européens, appelés à trancher, n'entendent pas se lancer dans la bataille à la légère. "Sur le plan juridique, le dossier de la France n'est pas si mauvais (...) elle gagnerait devant la Cour européenne de Justice", affirme Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, un influent groupe de réflexion sur les affaires européennes. "Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'aller jusqu'aux sanctions, en raison des risques négatifs que cela comporte", avertit pour sa part Marco Incerti, du Centre for European Policy Studies (CEPS). "Chaque fois que la Commission a tenté de se mêler de questions de politique intérieure dans un pays, ça a mal tourné", souligne-t-il, rappelant les réactions d'hostilité en Autriche lorsque l'Europe avait tenté de dénoncer en 2000 la constitution d'un gouvernement de coalition avec l'extrême droite.

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Plus d'infos

Les deux politologues jugent que Bruxelles a déjà été confortée dans son rôle de gardienne des traités par les dirigeants de l'UE, même s'ils ont critiqué le dérapage de la commissaire à la Justice, Viviane Reding, coupable d'avoir comparé les renvois de Roms roumains et bulgares par Paris aux déportations de la Deuxième guerre mondiale A présent, "si la Commission veut conserver la possibilité de faire quelques chose pour les Roms, elle doit trouver une formule qui évite de défier ouvertement la France", assure Jean-Dominique Giuliani.

Les scénarios envisageables

En substance, la Commission reproche à la France une application discriminatoire de la directive de 2004 sur la libre circulation des personnes et une transposition incomplète de ce texte. Le gouvernement français a répondu point par point aux interrogations de Bruxelles la semaine dernière, se défendant d'avoir enfreint la loi européenne en expulsant des Roms. Au centre du contentieux se trouve une circulaire du ministère de l'Intérieur, datée du 5 août, qui appelait à démanteler en priorité les campements de Roms. Jugée discriminatoire, cette circulaire a été remplacée par une autre dans laquelle toute mention ethnique a été retirée.

Les débats au sein de la Commission pourraient aboutir à une décision dès mercredi et trois scénarios sont envisageables. Le premier verrait Bruxelles renoncer à toutes poursuites et admettre que les autorités françaises n'ont pas enfreint les lois européennes et ont changé de politique au cours des dernières semaines pour se mettre en conformité. Dans un deuxième scénario, la Commission pourrait décider du dépôt d'une plainte devant la Cour européenne de Justice. La procédure pourrait alors durer plusieurs années mais elle constituerait un revers immédiat pour Nicolas Sarkozy alors que se profile l'élection présidentielle de 2012. Au terme de ce processus judiciaire, si la France était condamnée, elle risquerait une amende mais verrait surtout son prestige sérieusement entaché. A l'opposé, une victoire française entamerait sérieusement le crédit de la Commission. Laquelle pourrait donc opter pour une troisième solution : une position de compromis reconnaissant que la France n'a pas correctement transposé la directive de 2004 mais sans accuser Paris d'infraction aux règles sur la liberté de circulation.

Bruxelles éviterait ainsi de montrer la France du doigt et afficherait son désir d'améliorer ses relations avec le gouvernement français après l'échange tendu entre Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso lors du sommet européen de Bruxelles mi-septembre. La France n'étant pas le seul pays sous la menace d'une procédure d'infraction, cette option offrirait à d'autres Etats un délai de quelques semaines ou de quelques mois pour mettre les textes nationaux en conformité avec les règles communautaires. "Toutes les options sont ouvertes", résume un membre de la Commission.

Par TF1 News (D'après agence) le 28 septembre 2010 à 07:23
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45 Commentaires

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  • nicapae, le 28/09/2010 à 18h57

    Et quid de la roumanie qui recoit 20 miliards d aides europeennes ? c est surtout la le probleme !

  • pascalcaen, le 28/09/2010 à 18h11

    Nico26154: merci Nico. C'est tellement dur de se faire entendre ici. Sans l'Europe cela ferait bien longtemps que l'agriculture sera morte (même si je ne défends pas l'agri intensive).

  • pascalcaen, le 28/09/2010 à 17h58

    De Gaulle ne se serait pas abaissé à ce genre de politique, j'espère.

  • pascalcaen, le 28/09/2010 à 17h57

    Bip! Réponse fausse. On te parle de l'Europe, pas du Luxembourg. Géographie et droit à revoir.

  • dadou8337, le 28/09/2010 à 17h18

    J'ai vu il y a qq temps a la tv, queles roms avaient un "roi", en plus tres riche, sa richesse vient de la vente de ferraille, pourquoi ils les aident pas, il peut meme en herberger pas mal vu le palace qu'il a et un parc magnifique

  • robert51, le 28/09/2010 à 17h05

    Et c'est qui qui nous amène tous ces cas sociaux pour profiter des aides de la France ???? Ste Martine ....ou es tu ....rien à contredire cette fois ????

  • michelfan, le 28/09/2010 à 16h56

    Après avoir quitté leurs fonctions, les commissaires européens bénéficient d'un système de rémunération avantageux pendant trois ans, même s'ils ont retrouvé une activité professionnelle. Voilà un exemple que donne Bruxelles, donneuse de leçons !

  • 1337sysop1337, le 28/09/2010 à 14h45

    Au pays des stéréotypes vous n'êtes pas dernier non plus, qui vous dit que sortir de l'europe revient à s'isoler ? Vous êtes totalement à l'ouest. Au contraire cela peut-être une occasion d'ouverture et d'attractivité pour la France. N'oubliez pas que certaines entreprises ne s'implantent pas en France car la législation européenne leur semble trop contraignante.

  • boulogne-b, le 28/09/2010 à 14h22

    Il ne fallait pas intégrer la Bulgarie et la Roumanie dans l'Europe point à la ligne

  • nicolefoux, le 28/09/2010 à 14h20

    Nico26154 parler de la vérité ce n'est pas faire usage de stéréotypes. Quand on a les personnes de la CE qui d'un coté jouent els grands coeur et voudraient forcer a France a accueillir des personnes en sitruation irrégulière sur SON territoire et que de l'autre ils s'octroient des sommes indécentes pendant 3 ans apres leur mandat, ce n'est pas des stéréotype, c'est bien la vérité. Des personnes tres généreuses avec l'argent des autres, et tous les qualifications que vous réfutez sont donc de mise.

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