Roms : Sarkozy joue le vote de droite contre l'Europe

Par TF1 News (D'après agence) , le 18 septembre 2010 à 09h17 , mis à jour le 18 septembre 2010 à 11h24

Dossiers : UE, Immigration

Alors qu'un sondage publié par Le Parisien montre que les critiques de l'UE sont jugées justifiées par 56% des Français, des analystes estiment que Nicolas Sarkozy, dont l'objectif prioritaire est de consolider le coeur de son électorat de droite, ne changera pas sa politique à l'égard des Roms.

José Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy, à Bruxelles, le 16 septembre 2010José Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy, à Bruxelles, le 16 septembre 2010 © TF1/LCI

Le sommet des dirigeants de l'UE, jeudi à Bruxelles, a tourné au clash avec de franches explications entre un Nicolas Sarkozy décidé à rejeter en bloc les critiques de sa politique d'expulsions de Roms, et la Commission européenne. Alors que les condamnations se multiplient et que la presse européenne unanime dénonce l'attitude de Paris, qu'en pensent les Français ? Un sondage réalisé par Opinionway, et paru vendredi dans Le Figaro, assurait que 56% des Français désapprouvaient les critiques de l'UE contre la politique française à l'égard des Roms. Un autre sondage (1), publié ce samedi par Le Parisien, affirme au contraire qu'une majorité de 56% des Français estime que "l'Union européenne est dans son rôle en critiquant la politique" de Paris. Une majorité de 54% des sondés déclare dans cette même étude accorder "une grande importance" aux critiques émises par l'UE et un certain nombre de pays envers la politique du gouvernement.

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Fait notable : chez les sympathisants de gauche, le pourcentage des sondés jugeant que l'UE est dans on rôle en critiquant la France atteint 85%, tandis qu'il ne s'élève qu'à 29% chez ceux de droite. Ce qui explique, selon des analystes, pourquoi la multiplication des critiques étrangères sur sa politique à l'égard des Roms ne va pas décourager Nicolas Sarkozy, dont l'objectif prioritaire est de consolider le coeur de son électorat. L'image de la France en Europe en a sans doute souffert, mais cette préoccupation n'est pas majeure dans l'opinion, ajoutent-ils. "Une grande partie de l'électorat de droite ne perçoit pas forcément cette affaire de manière négative", note ainsi François Miquet Marty, directeur de l'institut Viavoice. "Le chef de l'Etat agit sur une question qui n'est pas mineure pour les Français et les tensions sur le sujet avec une Commission européenne jugée inefficace peuvent se révéler porteuses", ajoute-t-il. "S'opposer à une Europe considérée dans l'opinion comme mollassonne et libérale peut renforcer sa crédibilité", estime de même Gaël Sliman, directeur de l'institut BVA Opinion.

Un "gros risque"

Le premier souligne que les enquêtes d'opinion font apparaître que la présence des Roms en France est très mal perçue dans l'électorat populaire, pour qui la question de l'image de la France sur la scène internationale "ne pèse pas lourd par rapport aux réalités quotidiennes. Et pour lui, une indignation moraliste est toujours mal perçue". S'y ajoute une cote de popularité de Nicolas Sarkozy qui reste au plus bas. Citant une étude récente, François Miquet-Marty note que seulement six pour cent des ouvriers et 25% des sympathisants de droite ont une "très bonne" opinion du chef de l'Etat. "Il ne peut pas se permettre que l'adhésion pleine et entière à sa politique descende plus bas, ces chiffres ne peuvent pas ne pas l'alarmer."

Vue de Bruxelles bien sûr, la situation est perçue de manière différente. Un diplomate européen y jugeait vendredi que le président français avait pris un "gros risque" avec sa sortie contre la Commission européenne au moment où il s'apprête à entamer une séquence internationale importante pour son image : il prendra en novembre la présidence du G20, qu'il cumulera à partir du 1er janvier avec celle du G8. Mais "Nicolas Sarkozy devrait se servir avant tout de cette séquence pour consolider et rappeler sa stature protectrice sur le plan intérieur", analyse Gaël Sliman, pour qui le chef de l'Etat est à son avantage quand il joue la rupture avec l'ordre mondial pour tenter de préserver le plus possible le modèle français.

Mais, plus qu'une image de la France dégradée, le plus grand risque pour cette période serait que l'opposition à la réforme des retraites ne désarme pas. "Elle sera votée mais cela ne signifie pas que ce sera terminé. Si la rue continue de se mobiliser, on oubliera le reste", note Gaël Sliman. Un autre danger pour le chef de l'Etat, qui avait réussi une synthèse de la droite pour se faire élire en 2007, tient aux réserves de plus en plus manifestes de l'électorat de centre droit, exaspéré par des postures sécuritaires et anti-européennes qu'il juge populistes. Cet électorat, représenté autrefois par le CDS puis l'UDF, représente entre 10% et 15% du corps électoral. Nicolas Sarkozy, qui n'a pas beaucoup regagné jusqu'ici d'intentions de vote sur le Front national, ne peut se permettre de le perdre.

(1) sondage réalisé par téléphone les 16 et 17 septembre auprès d'un échantillon représentatif de 800 personnes de plus de 18 ans selon la méthode des quotas.

 

Les Français jugent que l'image de la France à l'étranger s'est dégradée

71% des Français jugent que l'image de leur pays à l'étranger s'est dégradée au cours des dernières semaines, seuls 2% estimant le contraire, selon un sondage Ifop à paraître dans Sud Ouest Dimanche. Le sentiment général de dégradation "se vérifie pleinement auprès de l'ensemble des catégories de population interrogées", analyse l'institut, qui souligne qu'il est toutefois "sensiblement plus intense auprès des sympathisants de gauche (78%) que parmi ceux de la droite (61%)". "Les ouvriers apparaissent plus nuancés dans leurs réponses (67% perçoivent une dégradation) alors que la plupart des cadres (85%) et des professions intermédiaires (77%) estiment que l'image de la France s'est dégradée". Pour l'Ifop, ce résultat "s'inscrit à la suite des évènements qui ont émaillé l'été et la rentrée", comme les déboires de l'équipe de France de football pendant la Coupe du monde ou les épisodes sécuritaires et sociaux de l'été.

Par TF1 News (D'après agence) le 18 septembre 2010 à 09:17
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37 Commentaires

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  • duh24, le 19/09/2010 à 14h28

    Un vrai dictateur ferait taire ton commentaire !

  • mcg35, le 18/09/2010 à 23h27

    Tiens ... Revoilà @syberya, "l'animatrice des forums" ... Si je puis me permettre, en toute courtoisie. - Cet ex-cursus étant dit, une info du WELT - journal allemand digne de référence s'il en est - indiquait cet après-midi que l'Allemagne s'apprête à reconduire vers le Kosowo une grande partie de ses Roms (10000 sur 14000, si je me souviens bien). Alors, qui, de Madame Merkel et de Monsieur Sarkozy, dit la vérité???

  • al38240, le 18/09/2010 à 23h21

    Ridicule et pitoyable argument !

  • al38240, le 18/09/2010 à 23h18

    Même ceux qui donnent la popularité du Président, OK ?

  • syberya, le 18/09/2010 à 22h47

    @inspatatrac---Bonsoir Monsieur, je vous avoue que si les modérateurs avaient publié tous les posts que je vous ai adressés depuis que je vous suis sur les forums, vous ne tiendriez pas les mêmes propos ....Je suis quelques fois, un tantinet excessive...mes origines latines me jouent parfois des tours....mais je me soigne lol :o) Ceci dit merci, je prends acte, et veillerais dorénavant à être plus bienveillante à votre égard. Cordialement Marie :o))

  • sergio73, le 18/09/2010 à 21h37

    Encore un bel exemple d'une Europe inutile !!!

  • inspatatrac, le 18/09/2010 à 21h31

    @syberya. Vous appartenez a la categorie bien-pensants et donc des gentils, cela vous permet d etre publiee plus frequemment.....rien d etonnant....

  • grinch62, le 18/09/2010 à 20h57

    Lol

  • grinch62, le 18/09/2010 à 20h54

    Et un peuple ayant en majorité un passeport roumain.

  • syberya, le 18/09/2010 à 20h35

    :o))) MERCI au modérateur ( trice ) d'avoir publié mon post pour monacfrance, j'avoue que sur ce coup, j'étais quelque peu catastrophée, alors merci....Bon " W.E." à vous tous. Bien à vous MARIE

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