Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, à Deauville, le 18 octobre 2010 © TF1/LCILancée la semaine dernière à Deauville par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy (photo ci-contre), l'idée de changer le traité de Lisbonne pour pérenniser le mécanisme d'aide aux pays en difficulté dans la zone euro provoque un tollé. Le sujet sera largement abordé jeudi et vendredi à Bruxelles à l'occasion du sommet européen. Et, à la vue des dernières déclarations des différents protagonistes, il promet de faire des vagues.
Clash en vue entre la Commission et le couple Merkel-Sarkozy
Deux jours avant le sommet de Bruxelles, la Commission européenne a rejeté l'idée émise par la France et l'Allemagne d'aménager le Traité de Lisbonne pour éviter de nouvelles crises dans la zone euro.
Publié le 26/10/2010
UE : un Français pour seconder Catherine Ashton à la diplomatie
La Haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE a nommé lundi Pierre Vimont, actuel ambassadeur de France aux USA et poids lourd de la diplomatie française, à la tête du nouveau Service européen d'action extérieure.
Publié le 25/10/2010
La chancelière allemande a ainsi défendu une nouvelle fois sa position ce mercredi. Selon elle, pour éviter les crises de la zone euro comme celle du printemps dernier à la suite de la faillite de la Grèce, l'UE a besoin "d'un cadre nouveau et solide" qui doit être "juridiquement inattaquable". Aujourd'hui, les traités existant permettent un renforcement de certains mécanismes de contrôle des finances publiques et de sanctions.
Ratification difficile
Mais "même avec les règles de stabilité les plus strictes possibles, nous ne pourrons pas éviter que surviennent d'autres crises", estime Angela Merkel. "Une conséquence s'impose : nous devons prendre aujourd'hui des mesures pour surmonter les crises à venir. Cela ne marchera qu'avec des modifications des traités", affirme-t-elle. "Le fait que certains aient peur des conséquences de telles modifications dans leur pays n'est pas un argument contre ce chemin", ajoute-t-elle -la difficulté de certains pays à faire ratifier le traité de Lisbonne agit en effet comme un repoussoir pour leurs dirigeants à se lancer à nouveau sur cette voie périlleuse.
Concrètement, l'Allemagne pousse à l'adoption d'une procédure codifiée de défaillance d'un Etat, qui fasse payer aussi aux détenteurs de dette publique les pots cassés en cas de déroute financière. Les responsables politiques allemands parlaient ainsi il y a quelques mois de procédure de mise en faillite, Berlin préfère maintenant le terme de "mécanisme de crise". Pour l'instant, Angela Merkel a donc reçu le soutien de poids de Nicolas Sarkozy.
Ironie
Mais cette proposition suscite de fortes réticences. Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, l'estime dangereuse. "Cela peut conduire principalement à ce que des investisseurs en Europe ne s'engagent plus dans l'achat d'obligations", prévient-il. La République tchèque émet également des réserves. Autre proposition sensible : la possibilité pour un pays d'être suspendu de ses droits de vote au conseil des ministres des Finances lorsqu'il s'éloigne du cadre budgétaire européen.
Surtout, autant que le fond, la proposition franco-allemande irrite sur la forme. "Les décisions de l'Union européenne ne sont pas prises à Deauville", ironise ainsi la commissaire européenne Viviane Reding, ce qui a donné un nouvel échange verbale acerbe avec Paris après la polémique sur les Roms. Angela Merkel a quant elle répliqué que "sans un accord entre la France et l'Alllemagne, pas grand chose n'est possible". Pas sûr que cette remarque, bien que plutôt juste, ne plaise aux autres membres de l'UE ou à la Commission européenne.
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