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Pédophilie : l'Eglise belge fait son autocritique

Edité par
le 13 septembre 2010 à 11h56 , mis à jour le 13 septembre 2010 à 11h56.
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3min
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InstitutionsAprès les témoignages d'abus et les cas de suicides révélés par une commission sur les affaires de pédophilie dans l'Eglise belge, le primat de Belgique promet "une disponibilité maximale pour les victimes", et de "tirer les leçons" des erreurs passées.

Trois jours après la publication d'un rapport retentissant faisant état de centaines d'abus, l'Eglise catholique belge s'est engagée lundi, par la voix du primat de Belgique André-Joseph Léonard, à prêter enfin attention aux victimes de prêtres pédophiles. "Une attention personnelle est la première chose que nous pouvons rétablir, dans le sillage du rapport (...) nous voulons nous engager à une disponibilité maximale pour les victimes", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Il nous faut écouter leurs questions pour rétablir leur dignité et les aider à guérir la souffrance qu'ils ont endurée. Des erreurs du passé, nous souhaitons tirer les leçons nécessaires. Il sera tenu compte des réflexions et propositions" du rapport, a-t-il ajouté, tout en estimant "impossible" de présenter "jusqu'au moindre détail" la manière dont l'Eglise traitera ces dossiers.

Rendu public vendredi, le rapport final de la "Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale" - mise sur pied par l'Eglise mais dirigée par un pédopsychiatre indépendant, Peter Adriaenssens - a révélé avoir reçu, entre janvier et juin 2010, 475 plaintes de victimes de prêtres pédophiles et identifié 13 suicides parmi les victimes. Le signal de ce raz-de-marée de plaintes qui a déferlé sur la commission avait été donné par la démission forcée, le 23 avril, de l'évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui avait reconnu avoir abusé sexuellement son neveu mineur entre 1973 et 1986.

"Cessez de le regarder, il vous laissera tranquille"

La plupart des témoignages concernent des faits commis des années 50 à la fin des années 80 par des ecclésiastiques, mais aussi des professeurs de religion ou des accompagnateurs de mouvements de jeunesse. Deux tiers des témoignages proviennent d'hommes, pour un tiers de femmes, en moyenne âgés de 50 à 60 ans aujourd'hui. Certains d'entres eux ont attendu des dizaines d'années pour rendre public leur calvaire, qui a commencé pour beaucoup lorsqu'ils avaient en moyenne 12 ans. Pour certains, les faits ont débuté alors qu'ils n'étaient âgés que de 2 ou 5 ans. Parmi les témoignages, souvent dramatiques, une femme abusée à l'âge de 17 ans par un prêtre explique avoir tenté de se confier à un évêque en 1983. Il aurait répondu: "Cessez de le regarder, il vous laissera tranquille".

Mais l'Eglise belge, malgré ce rapport rendu public en fin de semaine dernière, et son acte de contriction de ce lundi, a encore du chemin à faire en matière de transparence. L'ancien primat de Belgique, le cardinal Godfried Danneels, a été accusé d'avoir tenté d'étouffer plusieurs de ces affaires pour protéger l'image de son institution. Mais l'enquête judiciaire entamée pour vérifier s'il y a eu dissimulation a subi un coup d'arrêt jeudi dernier avec l'invalidation de perquisitions spectaculaires effectuées le 24 juin au siège de l'Eglise belge, au domicile du cardinal Danneels et au sein de la commission Adriaenssens.

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