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PORTRAIT. François, premier pape sud-américain

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le 13 mars 2013 à 20h20 , mis à jour le 14 mars 2013 à 10h03.
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4min
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InstitutionsDéjouant les pronostics, le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio est devenu mercredi soir le 266e pape sous le nom de François. Son portrait.

Il ne figurait pas parmi les favoris, les "papabili" les plus cités : c'est un cardinal sud-américain, l'Argentin Jorge Mario Bergoglio, qui a été élu mercredi soir pour succéder à Benoît XVI. Il a pris le nom de François. Si, lors de l'élection de Joseph Aloisius Ratzinger, il avait été finaliste, nul n'aurait cité cette fois son nom lorsque les cardinaux sont entrés, mardi, dans la chapelle Sixtine pour élire le nouveau pape.

Mrg Bergoglio, archevêque de Buenos Aires depuis 1998, est âgé de 76 ans. Il a été élu dès le deuxième jour du conclave organisé après la renonciation de Benoît XVI. C'est Jean Paul II qui l'avait fait cardinal lors du consistoire du 21 février 2001 avec le titre de cardinal-prêtre de San Roberto Bellarmino. Il a une réputation d'homme progressiste, engagé dans la lutte contre la pauvreté ; il n'a pas de voiture, se déplace en transports en commun et a renoncé à occuper la somptueuse résidence des archevêques de Buenos Aires, choisissant d'habiter dans un petit appartement près de la cathédrale. On le dit très attentif aux besoins de ses collaborateurs, qui peuvent le joindre à tout moment sur une ligne téléphonique directe. Issu d'une famille modeste, ayant étudié la philosophie et la  littérature, c'est un homme qui se lève chaque jour à 4h30, timide et plutôt réticent face aux médias. Il n'accorde pas d'interviews, tout en étant lui-même un lecteur assidu de la presse. On sait toutefois le prélat grand lecteur de José Luis Borgès et de Dostoïevski, amateur d'opéra et fanatique du club de football de Buenos Aires San Lorenzo, fondé par un prêtre.

Une carrière météorique

Né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, fils d'un employé des chemins de fer d'origine italienne, c'est dès 22 ans, ayant achevé ses études avec un diplôme de technicien en chimie, qu'il a intégré la Compagnie de Jésus, où il a étudié les humanités et obtenu une licence de philosophie. Après un détour par l'enseignement privé, il a suivi des études de théologie. Il a été ordonné prêtre le 13 décembre 1969. Moins de quatre ans plus tard, à tout juste 36 ans, il était élu provincial (responsable national) des Jésuites argentins. Il devait assumer cette responsabilité pendant six ans. Pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1983), Jorge Bergoglio se battit pour conserver l'unité d'un mouvement jésuite taraudé par la théologie de la libération, avec un mot d'ordre: maintenir la non-politisation de la Compagnie de Jésus. Le futur cardinal se rendit ensuite à Fribourg, en Allemagne, où il obtint son doctorat. A son retour, il reprit l'activité pastorale comme simple curé de province dans la ville de Cordoba, à 700 km au nord de Buenos Aires.

Au Saint-Siège, il était avant son élection membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Mgr Bergoglio a vu sa réputation grandement accrue parmi ses pairs pour son travail comme rédacteur adjoint du rapport final du synode d'octobre 2001 : le rapporteur principal, l'archevêque de New York Edward Egan, n'a pu mener à bien sa mission du fait des attentats du 11 septembre et c'est au cardinal argentin qu'il est revenu de mener l'essentiel des travaux. En 2010, il s'est opposé avec vigueur à la loi légalisant le mariage homosexuel en Argentine, pays où l'avortement est interdit. Il s'est aussi élevé contre le droit octroyé aux transsexuels de changer de sexe à l'état civil. En septembre 2012, il a critiqué les prêtres refusant de baptiser les enfants nés hors mariage, les qualifiant d'"hypocrites".  

Le nouveau pape se retrouve à la tête d'une Eglise confrontée à de grandes difficultés : sécularisation massive dans les pays de tradition chrétienne, scandales de pédophilie et de corruption qui remontent sans cesse du passé, mauvaise gouvernance et intrigues à la Curie, difficultés d'adaptation aux cultures locales, rapports tendus avec l'islam rigoriste, contestations diverses. Mais, en même temps, le nombre des catholiques croît rapidement dans beaucoup de pays du sud. L'Eglise, vivante, est aux avant-postes sur de nombreux terrains (santé, pauvreté, éducation, etc...), et enregistre dans ses rangs une floraison d'initiatives et de nouveaux mouvements.

A lire aussi : Combien de temps ont duré les derniers pontificats ?

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Commenter cet article

  • teteg : Pape ou pas Pape les pauvres seront toujours pauvres.

    Le 14/03/2013 à 11h28
  • viny911 : En résumé le nouveau pape et plus italien qu'argentin.

    Le 14/03/2013 à 10h52
  • jiss : Bon , il représente 40% des catholiques en amérique latine mais il a 76 ans !!!!!!!!

    Le 14/03/2013 à 09h50
  • vingue : L'Eglise nous étonnera toujours ! C'est un coup de théâtre qui vient de se produire ! Le temps des médias n'est pas celui de l'Eglise. Contre toute attente Jorge Mario Bergoglio archevêque de Buenos Aires a été élu par les cardinaux électeurs. Cet homme est un saint, il a délaissé son archevêché et vit simplement dans un appartement en ville. C'est l'archevêque des pauvres, il vient de choisir le prénom de Saint François d'Assises ! Un signe et un symbole fort car je suppose que c'est en rapport avec l'ordre des Franciscains définit comme un ordre mendiant qui historiquement a été en conflit avec la papauté à laquelle les franciscains reprochaient sa richesse. L'Eglise entame avec lui un virage pour aller vers le christianisme des origines ! Je suis ravi !

    Le 13/03/2013 à 22h14
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