Fabienne Nérac et son fils en octobre 2005, devant une affiche pour retrouver son mari © TF1-LCI/AFP-H.VergultSelon les documents officiels, Fred Nérac est mort sur la route de Bassorah, au deuxième jour de l'offensive américaine en Irak, lors d'un échange de tirs nourris entre résistants et forces de la coalition. Mais, trois ans après les faits, Fabienne Nérac se bat toujours pour obtenir la vérité sur la mort de son mari et retrouver sa dépouille.
A en croire Georges Malbrunot, ex-otage en Irak, qui cite dans Le Figaro de jeudi "plusieurs diplomates", la version officielle est loin de la réalité : le caméraman français aurait été abattu par des miliciens baasistes. Le début du scénario est concordant. Le 22 mars 2003, Fred Nérac, qui travaillait pour la télévision britannique ITN, circule en 4x4 avec son chauffeur libanais, Hussein Otman, près d'une zone tenue par des résistants sunnites du parti Baas fidèles à Saddam Hussein. Soudain, le véhicule des journalistes qu'ils suivent est attaqué. Long échange de tirs. Le journaliste britannique Terry Lloyd et son interprète sont tués sur le coup. Un troisième homme, le journaliste belge Daniel Demoustier, est blessé et parvient à s'enfuir.
"Ne pas se mettre à dos les baasistes"
C'est là que les versions divergent. Selon le rapport officiel -succinct- transmis à Fabienne Nérac, son époux a également été tué dans la fusillade, même si son corps n'a jamais été retrouvé. Mais plusieurs diplomates affirment que Fred Nérac ne serait pas mort au moment de la fusillade. Il aurait été emmené par les résistants pour être interrogé. Sa carte de presse aurait d'ailleurs été retrouvée dans les décombres du local des miliciens, à al-Zoubeir. Le caméraman aurait ensuite été emmené dans un cimetière pour y être exécuté. Georges Malbrunot cite d'ailleurs un "diplomate au cœur de l'enquête" : "Pendant plusieurs jours, le chef du Baas a été vu conduisant le 4x4 de Nérac" censé être resté sur les lieux de la fusillade.
Un rapport rédigé fin 2004 par les militaires danois, qui contrôlaient la zone, ferait état de la scène du cimetière, citant même des résistants. Mais ce rapport n'a jamais été remis à Fabienne Nérac, qui promet d'en appeler à Jacques Chirac "s'il le faut" pour connaître toute la vérité. Selon une autre source proche de l'enquête citée par Georges Malbrunot, si la vérité n'est pas sortie, c'est parce qu'il "s'agit de ne pas se mettre à dos d'anciens baasistes qui constituent aujourd'hui l'essentiel de la guérilla". D'autant que Fred Nérac travaillait pour un média d'un pays de la coalition.
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