Le président israélien rattrapé par un scandale sexuel

le 16 octobre 2006 à 06h33 , mis à jour le 16 octobre 2006 à 10h12

La police israélienne affirme avoir assez de preuves pour l'inculper de viol et écoutes illicites.

TF1/LCI : Moshé Katzav, président israélien Moshé Katzav, président israélien © TF1/LCI

L'étau se resserre autour de Moshé Katzav : après des semaines de rumeurs et d'enquête, pas moins d'une dizaine de plaintes déposées, la police israélienne affirme désormais avoir assez de preuves pour l'inculper de viol, harcèlement sexuel et écoutes illicites. Le président, âgé de 61 ans, marié et père de cinq enfants, est soupçonné d'avoir contraint des employées de la présidence à entretenir avec lui des relations sexuelles, les menaçant de les licencier si elles repoussaient ses avances. Il a été interrogé par la police à cinq reprises et pourrait être inculpé dans trois ou quatre de ces cas. La décision reviendra au procureur Mazouz dans les prochains jours. Selon la radio publique israélienne, il risque de 3 à 16 ans de prison ferme.

Pour sa part, Katzav a écarté jusqu'ici toute démission. Le président clame son innocence et se dit victime d'un "complot" et d'une "chasse aux sorcières". "La presse se livre contre moi à un lynchage public", a-t-il affirmé le 21 septembre à la radio militaire. "Durant plus de vingt ans d'activité au service de l'Etat, j'ai travaillé avec des dizaines de jeunes femmes. La presse a réussi à mettre la main sur quelques-unes qui avaient envers moi des motifs personnels de vengeance parce que j'avais refusé de les employer à la présidence".

L'avocat du président reste confiant

L'avocat du président israélien se veut rassurant pour son client. "Ce n'est pas la première fois que la police recommande l'inculpation de hauts responsables, dont des Premiers ministres, et ces recommandations ont été rejetées", a-t-il estimé, faisant référence à l'ancien chef du gouvernement israélien Ariel Sharon.

Toutefois, s'il ne redoute pas de mise en cause judiciaire de manière immédiate, le président israélien n'est pas à l'abri de conséquences politiques et pourrait être contraint de démissionner, malgré sa volonté affichée de résister à la tourmente. Cette décision de la police intervient à la veille de l'ouverture d'une nouvelle session du parlement, pour laquelle le président doit traditionnellement prononcer un discours. Après avoir annoncé, malgré les indications de la police, qu'il assisterait à la cérémonie de lundi mais qu'il ne s'exprimerait pas, Moshé Katzav a finalement décidé de ne pas se rendre au parlement israélien.

D'après agence

le 16 octobre 2006 à 06:33
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