Vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur la résolution du Qatar condamnant les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza, le 11 novembre 2006 © TF1/LCILes Etats-Unis ont opposé leur veto, samedi au Conseil de sécurité de l'ONU, à un projet de résolution arabe condamnant les opérations militaires d'Israël dans la bande de Gaza, ainsi que les tirs de roquettes palestiniens sur Israël. L'ambassadeur américain, John Bolton, a justifié ce veto en affirmant que le projet comportait de nombreux passages "biaisés contre Israël et inspirés par des motifs politiques". Le texte, a-t-il dit, "ne rendait pas compte de manière équitable des récents événements à Gaza et n'avançait pas la cause de la paix entre Israël et les Palestiniens".
Le projet, déposé par le Qatar au nom du groupe arabe, a recueilli 10 voix pour et une contre - celle des Etats-Unis - , avec quatre abstentions. La voix contre étant celle d'un membre permanent du Conseil doté du droit de veto, la résolution a été rejetée. Les pays qui se sont abstenus sont le Danemark, la Grande-Bretagne, le Japon et la Slovaquie.
Le projet de résolution avait été déposé par le Qatar, seul Etat arabe membre du Conseil, à la suite de la bavure de l'artillerie israélienne qui a tué mercredi une vingtaine de Palestiniens, surtout des femmes et des enfants, à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza. Les Etats-Unis, fidèles alliés d'Israël, avaient déjà opposé leur veto le 13 juillet à un précédent projet de résolution, également déposé par le Qatar, qui visait à faire cesser l'offensive israélienne à Gaza.
Accord de Charm el-Cheikh
Le projet amendé condamnait à la fois l'opération militaire menée par Israël dans la bande de Gaza, "en particulier l'attaque qui s'est produite à Beit Hanoun le 8 novembre" (...) et les tirs de roquettes à partir de Gaza sur Israël". Contrairement à l'original, il ne qualifiait plus l'incident de Beit Hanoun de "massacre" mais demandait toujours l'établissement par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, d'une mission d'enquête sur cette bavure.
Le texte rejeté appelait Israël à "cesser immédiatement ses opérations militaires" à Gaza et à "replier ses troupes actuellement à Gaza sur leurs positions d'avant le 28 juin". A cette date, un soldat israélien avait été enlevé par des militants palestiniens, déclenchant une offensive de l'Etat hébreu dans le territoire.
Mais il ne demandait plus la conclusion immédiate d'un cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens et l'envoi d'une force d'observation de l'ONU pour le surveiller. A la place, il appelait à "la cessation immédiate de tous actes de violence et actions militaires entre Israël et les Palestiniens, conformément à l'accord de Charm el-Cheikh du 8 février 2005".
Décision "très satisfaisante"
Le texte qatari appelait également la communauté internationale, dont le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Nations unies et Union européenne), à prendre des mesures immédiates pour "stabiliser la situation et relancer le processus de paix" au Proche-Orient, actuellement dans l'impasse, "y compris par l'établissement éventuel d'un mécanisme international destiné à protéger les populations civiles".
Le porte-parole du gouvernement israélien a jugé "très satisfaisante" la décision des Etats-Unis d'opposer leur veto. "(...) Le projet de résolution ne stipulait pas que ce qui se passait à Beit Hanoun était une erreur tragique", a déclaré Avi Pazner.
En revanche, le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas a vivement condamné la décision américaine. "Nous estimons qu'il encourage Israël à continuer son escalade contre le peuple palestinien", a-t-il poursuivi. Dimanche, le gouvernement palestinien a également dénoncé le veto américain. "Cette décision de l'administration américaine donne clairement une absolue légitimité au massacre et au meurtre commis par les forces d'occupation contre le peuple palestinien", a estimé Ghazi Hamad, le porte-parole du gouvernement Hamas.
D'après agence
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