Des milliers de manifestants pro-syriens dans les rues de Beyrouth dimanche 10 décembre 2006 © TF1/LCILe chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, aurait accepté des propositions de sortie de crise présentées par la Ligue arabe, selon un émissaire de cette organisation s'exprimant dimanche soir sur la télévision satellitaire al-Arabiya. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, est ainsi attendu mardi à Beyrouth pour tenter de débloquer la crise politique, selon une source gouvernementale libanaise. Il a affirmé qu'il y avait une "lueur d'espoir" pour régler cette crise.
En attendant, des "centaines de milliers" de partisans de l'opposition, menée par le parti chiite pro-syrien Hezbollah et le Courant patriotique libre du général chrétien Michel Aoun, se sont rassemblés dimanche après-midi dans le centre de Beyrouth. Il s'agit de la deuxième manifestation organisée depuis le 1er décembre dans le but de faire tomber le gouvernement de Fouad Siniora, soutenu par les Occidentaux et les pays arabes, sauf la Syrie. Selon l'armée, "toutes les personnes ayant répondu à l'appel de l'opposition ne pourront pas atteindre le centre de Beyrouth". Les deux places du centre-ville où se tient le rassemblement ne peut contenir plus de 330.000 personnes.
L'opposition a promis que cette journée serait suivie dans les jours à venir de nouvelles actions destinées à durcir son mouvement. A ce propos, Fouad Siniora a promis que son gouvernement "surmonterait la crise" car "le Liban est un pays fort". "Notre régime politique et démocratique est confronté à un défi", a-t-il ajouté, assurant que ce régime était "capable de faire face à de tels défis, d'absorber l'opposition et de partager les pouvoirs (...) sans tomber à nouveau dans une tutelle". De plus, Fouad Siniora estime que l'opposition ne mettra pas exécution ses menaces de blocages de l'aéroport et des administrations, car il s'agirait "d'une violation du droit à l'expression" et que celle-ci "jetterait le pays dans un cycle de violence qui n'est dans l'intérêt de personne".
Siniora appelle au dialogue
Le mouvement de protestation a été lancé le 1er décembre par l'opposition, soutenue par Damas et Téhéran, pour réclamer la démission du gouvernement. Celui-ci est issu de la majorité anti-syrienne arrivée au pouvoir en 2005, après la fin de 29 années de tutelle syrienne sur le Liban. L'opposition réclame la formation d'un gouvernement d'union nationale dans lequel elle disposerait d'une minorité de blocage, soit un tiers des portefeuilles plus un. Elle ne reconnaît plus aucune légitimité à l'équipe de
Fouad Siniora depuis la démission à la mi-novembre des six ministres pro-syriens. Ce mouvement "est-il la voie exemplaire pour obtenir gain de cause?", a demandé Fouad Siniora. "Nous ne voulons pas que le Liban soit le théâtre d'autres guerres", a-t-il ajouté, en promettant que le gouvernement "protègerait l'unité et la liberté" du pays.
Le Premier ministre a voulu minimiser les divisions qui menacent le Liban, assurant "qu'il n'y a pas de divorce entre les Libanais" et a lancé un nouvel appel au dialogue entre les camps pro et anti-syrien. Son discours a été retransmis en direct devant des représentants des médias rassemblés à Beyrouth pour le premier anniversaire de l'assassinat, le 12 décembre 2005, de Gibran Tueni, député anti-syrien et directeur du principal quotidien libanais, An-Nahar.
Grande manifestation pro-Siniora à Tripoli |
(D'après agence)
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