Accusé de viol, le président se met en congé

le 24 janvier 2007 à 16h47 , mis à jour le 24 janvier 2007 à 19h27

L'annonce faite par Moshé Katzav, qui devrait bientôt être inculpé, reste très en-deçà de ce que beaucoup réclament : une démission pure et simple.

TF1/LCI : Le président israélien Moshé KatzavMoshé Katzav/Image d'archives © TF1/LCI

Le président israélien Moshé Katzav, sur le point d'être inculpé de viol, a décidé mercredi de "se mettre en congé" de son poste. Il en a informé par lettre la commission des affaires parlementaires. Katzav, qui clame son innocence depuis le début de l'affaire, semble ainsi signifier qu'il n'a pas l'intention de démissionner malgré la multiplication des appels en ce sens par la classe politique et la presse. L'homme politique a affirmé mercredi qu'il n'avait pas l'intention "de baisser la tête" et affirmé que les accusations de viol étaient "venimeuses" et "sans fondements".

"Démissionne", titrait ainsi en Une le principal quotidien Yédiot Aharonot, au-dessus d'une photo du président. Le Premier ministre Ehud Olmert lui-même a estimé qu'il devait démissionner de ses fonctions. Avant lui, la ministre de la Justice par intérim Tzipi Livni a jugé que "la décision appropriée pour Katzav serait de démissionner". "Comme société, nous avons le devoir de lui dire qu'il n'est plus notre président et que son portrait ne peut plus être accroché dans les écoles", a renchéri Yossi Beilin, chef du parti de gauche Meretz. Sa formation a commencé à recueillir les voix de vingt députés nécessaires pour réunir la commission parlementaire chargée de destituer le président. Pour finaliser une telle procédure, sans précédent dans l'histoire d'Israël, 90 députés sur les 120 que compte la Knesset devraient l'approuver en séance plénière.

Katzav se dit victime d'une "chasse aux sorcières maccarthyste"

Moshé Katzav, 61 ans, doit être inculpé de viol, harcèlement sexuel, entrave à la justice et menaces contre témoins, une première dans l'histoire du pays dont plusieurs dirigeants sont déjà en délicatesse avec la justice. Il est soupçonné d'avoir violé une ancienne employée à l'époque où il était ministre du Tourisme entre 1998 et 1999, et de harcèlement sexuel sur trois autres employées de la présidence. Avant son inculpation, le président et ses avocats peuvent être entendus par le procureur Mazouz, qui est aussi conseiller juridique du gouvernement, pour tenter de le convaincre de revenir sur sa décision. La date d'une telle audition n'a pas été fixée, et David Libaï, un des avocats de Katzav, a affirmé la veille que le président israélien "se battrait pour prouver son innocence".

Moshé Katzav, dont le mandat de sept ans s'achève normalement en juillet, a comparé son affaire à celle d'Alfred Dreyfus et s'est dit victime d'une "chasse aux sorcières maccarthyste". Mais plusieurs personnalités ont d'ores et déjà indiqué qu'elles brigueraient sa succession s'il décidait de démissionner. Les candidats les plus en vue sont l'ex-président de la Knesset, Reuven Rivlin, un "faucon" du Likoud, la députée travailliste Colette Avital et le numéro deux du gouvernement, Shimon Peres.

D'après agence

le 24 janvier 2007 à 16:47
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