Boulangerie visée par un attentat-suicide à Eilat, au sud d'Israël © TF1/LCIL'explosion s'est produite lundi matin, à 9h40 locales (8h40, heure française) à Eilat, station balnéaire israélienne au bord de la mer Rouge et proche de la frontière jordanienne. Elle a détruit une boulangerie dans le centre commercial "Isidore", dans un quartier en retrait du front de mer et des grands centres touristiques, faisant au moins trois morts et plusieurs blessés graves.
La police israélienne, après une courte période de flottement où a été évoquée l'hypothèse d'une fuite de gaz, a rapidement assuré qu'il s'agissait d'un attentat - probablement un attentat-suicide. Des traces d'explosif auraient été retrouvées sur place. Les policiers ont établi des barrages aux entrées de la ville, craignant la possible présence d'autres terroristes. "Le kamikaze figure au nombre des morts. Il semble qu'il soit entré avec un sac ou une ceinture d'explosifs et s'est fait exploser à l'intérieur du magasin", a décrit un policier interviewé sur la radio de l'armée israélienne.
Il s'agit du premier attentat commis sur le territoire israélien depuis avril dernier. L'attentat du 7 avril 2006 avait alors fait neuf morts et été revendiqué par le Jihad islamique. Depuis cette date, plusieurs tentatives d'attentats ont été déjouées et plusieurs candidats à l'attentat-suicide ont été arrêtés, munis de ceintures d'explosifs.
Revendication conjointe
L'attentat d'Eilat a été revendiqué au cours de la matinée de lundi lors d'un appel téléphonique par un interlocuteur anonyme s'exprimant au nom du Jihad islamique, des Brigades des martyrs d'Al Aqsa et d'une autre organisation palestinienne jusqu'alors inconnue, "l'Armée des croyants". Un appel téléphonique qu'est venu confirmer en fin de matinée un autre message de revendication, présentant l'auteur de l'attentat comme un Palestinien de 21 ans originaire de Gaza, et signé par les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa et le Jihad islamique. Selon cette dernière organisation, le kamikaze serait passé par la Jordanie - ce qu'a catégoriquement démenti le gouvernement jordanien.
Un porte-parole du Jihad islamique a indiqué que l'auteur de l'attentat suicide était arrivé dans cette ville du Sud d'Israël depuis le territoire jordanien. "Il s'agit d'une opération complexe qui a été planifiée durant sept mois", a-t-il ajouté, précisant que l'attentat était "une riposte naturelle aux assassinats lâches (commis par Israël) dont ont été victimes des dizaines de cadres du Jihad islamique et des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa ainsi qu'aux incursions israéliennes". L'auteur de l'attaque, Mohammad Fayçal Al-Siksek, 21 ans, était originaire de Gaza.
"Toujours sur ses gardes"
Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien, a vivement condamné l'attaque. "Si les responsabilités des groupes armés qui ont revendiqué l'attentat sont confirmées, cela voudra simplement dire que même lorsque les Palestiniens s'entretuent ils trouvent le temps de massacrer des civils israéliens innocents", a-t-il dénoncé. Il se référait aux affrontements meurtriers entre les mouvements rivaux du Fatah, fidèle au président Mahmoud Abbas, et du Hamas qui contrôle le gouvernement, et qui ont fait trente morts depuis jeudi dans la bande de Gaza. "Il n'est pas clair à ce stade qui est à l'origine de cette attaque. Israël est une nation constamment confrontée au terrorisme et aux menaces terroristes et toujours sur ses gardes", a pour sa part déclaré un porte-parole d'Ehud Olmert. Le Premier ministre israélien n'en a pas moins promis une "lutte sans répit" contre les groupes armés palestiniens.
De son côté, Yasser Abed Rabbo, membre du Comité exécutif de l'OLP et qui accompagne Mahmoud Abbas au sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, a affirmé : "Nous rejetons ces actes et croyons qu'ils ne sont pas dans l'intérêt de la cause palestinienne et nuisent à l'image du peuple palestinien". Sur le plan international, la Maison Blanche a condamné "fermement" l'attentat d'Eilat.
D'après agences
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