© TF1-LCIDominique de Villepin et Philippe Douste-Blazy ont tour à tour réitéré mardi soir les demandes de la France pour un retrait des forces américains en Irak. Dans un entretien publié sur le site internet du Financial Times, le Premier ministre a déclaré que "si l'on ne dit pas que, dans un an, il n'y aura plus de soldats américains et britanniques sur le sol irakien, rien ne se passera en Irak, si ce n'est davantage de morts et de crises". Dominique de Villepin a rappelé que la position de la France n'avait pas évolué depuis le début du conflit : "En 2003, nous avons dit fermement avec le président Chirac qu'il n'y avait pas de solution militaire en Irak. Ce que nous disions en 2003 est toujours vrai en 2007".
Plus tard dans la soirée, le ministre des Affaires étrangères a renchéri : "la seule solution, c'est qu'à l'horizon 2008, il y ait un retrait des forces étrangères. L'Irak, c'est une guerre civile aujourd'hui". Le chef de la diplomatie a dénoncé l'"aveuglement" de la politique américaine dans ce pays depuis 2003.
"Ajustements à la situation sur le terrain"
La Maison Blanche a rejeté l'idée d'une échéance pour un retrait, tout en se disant pas surprise par les déclarations des deux ministres français. "Ces propos sont dans la logique de leurs déclarations antérieures", a commenté le porte-parole du Conseil de la sécurité nationale, Gordon Johndroe. "Un calendrier de retrait avant que les forces de sécurité irakiennes ne soient capables d'assurer la protection des Irakiens conduirait à une augmentation de la violence en Irak et ce n'est pas quelque chose que nous pouvons permettre", a-t-il dit.
Les propos de Dominique de Villepin et de Philippe Douste-Blazy interviennent après ceux de Jacques Chirac qui a retrouvé ces derniers mois une posture anti-américaine en plusieurs occasions, position généralement bien vue en France, plongée en campagne présidentielle. Devant les diplomates étrangers au début de l'année, le président de la République s'était livré à une critique en règle de l'intervention américaine, l'a qualifiant d'"aventure" et affirmant qu'elle avait favorisé le développement du terrorisme.
235 milliards de dollars sur deux ans
Ces déclarations interviennent également dans un contexte d'escalade en Irak où le président américain George Bush entend déployer de nouveaux renforts. Les autorités irakiennes et l'armée américaine doivent lancer dans quelques semaines un nouveau plan de sécurité pour la capitale, ensanglantée par des violences, en grande partie confessionnelles.
George Bush a présenté lundi un projet de budget largement axé sur la guerre en Irak, demandant au Congrès, pour les deux prochaines années, un total de 235 milliards de dollars au titre de la "guerre mondiale contre le terrorisme".
D'après agence
Le Royaume-Uni engagé "aussi longtemps" que nécessaire |
Le Royaume-Uni a rappelé mardi sa position sur son implication en Irak : "Nous sommes engagés aussi longtemps que le gouvernement irakien jugera que la coalition est nécessaire pour fournir la sécurité et assister les forces de sécurité irakiennes jusqu'à ce qu'elles soient en mesure de prendre la responsabilité de leur propre sécurité et (jusqu'à) ce que le pays soit stabilisé". |
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