ARCHIVES

Nouvelle pendaison d'un proche de Saddam Hussein


le 20 mars 2007 à 06h54
Temps de lecture
3min
TF1/LCI : L'ex-vice-président irakien Taha Yassine Ramadan

L'ex-vice-président irakien Taha Yassine Ramadan / Crédits : TF1/LCI

Moyen-orientL'ex-vice-président Taha Yassine Ramadan a été pendu mardi avant l'aube. C'est le quatrième haut dirigeant irakien exécuté pour le massacre de Doujail.

Il s'appelait Taha Yassine Ramadan. Dans le jeu de cartes imprimé par les troupes américaines à l'effigie des dignitaires recherchés de l'ex-régime baasiste, il était le 10 de carreau. Ancien vice-président irakien, membre du cercle des intimes de Saddam Hussein, impliqué dans la plupart des décisions importantes du régime, il est mort quatre ans tout juste après le début de l'invasion de son pays. Il a été pendu mardi avant l'aube à Bagdad.

Après avoir exécuté Saddam Hussein au 1er jour de la fête religieuse de l'Aïd, l'Etat irakien a donc une fois de plus choisi une date symbolique, celle du jour anniversaire de l'attaque américaine. Mais cette fois-ci, l'exécution n'a pas donné lieu à des débordements ou cafouillages comme lors des pendaisons de Saddam Hussein, insulté juste avant sa mise à mort, enregistrée dans des vidéos clandestines diffusées sur internet, ou d'al-Tikriti, dont la tête s'était détachée. "L'exécution s'est déroulée sans incident et sans violation" de la loi, a commenté un proche conseiller du Premier ministre Nouri al-Maliki.

Un condamné "calme et serein"

Les affaires personnelles de Ramadan seraient remises à sa famille dans la journée. L'avocat Badie Aref, qui a participé à la défense de Saddam Hussein, avait confié lundi soir que Ramadan avait "eu le droit d'appeler sa famille. L'avocat (de Ramadan) m'a dit qu'il était calme et serein. Il a demandé à sa famille et ses amis de prier pour lui et affirmé qu'il n'avait pas peur de la mort". Après Saddam Hussein, pendu le 30 décembre, et  son demi-frère Barzan al-Tikriti, exécuté le 15 janvier avec l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar, c'est le quatrième haut dirigeant de l'ancien régime a être exécuté. Tous ont été condamnés pour le massacre de 148 villageois de Doujail après un attentat contre le convoi présidentiel.

Né en 1938 à Mossoul, Ramadan, un Kurde sunnite, avait fondé "l'armée populaire", la milice du parti Baas, en 1970. Connu pour la brutalité de son langage, il aurait déclaré, lorsqu'il était ministre de l'Industrie dans les années 1970 : "Je ne connais rien à l'industrie, mais ce que je sais, c'est que celui qui ne travaillera pas dur sera exécuté". Il avait également suggéré que Saddam Hussein et le président américain George W. Bush règlent leur différend dans un duel avec les armes de leur choix. Il avait présidé également l'instance chargée de distribuer les crédits à chaque ministère, dans le cadre de la résolution de l'Onu "Pétrole contre nourriture". C'est lui que les diplomates cherchaient à rencontrer pour faire passer des messages à Saddam Hussein. Ramadan avait été condamné à mort par pendaison le 12 février par le Haut Tribunal pénal irakien, après avoir initialement été condamné à la perpétuité en novembre 2006 dans le cadre du procès de Doujaïl.

D'après agence

Commenter cet article

      Nous suivre :

      Entre Morano et Philippot, ça clashe, ça clashe...

      logAudience