Attentat anti-chiite à Tal-Affar le 27 mars 2007 © TF1-LCILes autorités irakiennes ont arrêté 13 policiers chiites qui seraient impliqués dans le massacre de 70 sunnites à Tal-Afar. Ils auraient participé à des représailles à un attentat suicide, qui a coûté la vie à 85 personnes, un peu plus tôt mardi, dans un quartier chiite de la ville, jadis présentée comme un modèle de pacification par le président américain George W. Bush.
Tal Afar, à près de 400 km de Bagdad, à l'ouest de Mossoul et non loin de la frontière syrienne, a été dévastée par un élan de folie meurtrière opposant chiites et sunnites, faisant au moins 155 morts mardi, ont indiqué mercredi les services de sécurité et des sources médicales.
Un attentat anti-chiite...
Tout a commencé en fin d'après-midi quand un double attentat a frappé à quelques minutes d'intervalle deux quartiers chiites. "Les forces de sécurité ont laissé passer sans le fouiller un camion chargé de nourriture, alors que la population attendait depuis plusieurs jours un approvisionnement. Le conducteur a fait exploser son camion dans un quartier à majorité chiite", a déclaré Ali Abboud, médecin à l'hôpital de Tal Afar.
L'attentat s'est produit au milieu de la foule dans le quartier commerçant d'Al-Moalamin. Une voiture piégée a également explosé, à quelques minutes d'intervalle, dans le quartier al-Kifah. Au moins 85 personnes ont été tuées et 183 blessées dans ce double attentat, selon un dernier bilan établi mercredi.
...puis des représailles anti-sunnites
Peu après, des groupes d'hommes armés ont investi le quartier sunnite d'al-Wahda, dans le sud de Tal Afar, et se sont livrés à des exécutions sommaires. Certains portaient des uniformes de policiers, selon des témoins. L'armée a instauré un couvre-feu et des véhicules blindés ont été déployés dans la ville.
"Nous avons dénombré 70 tués et 30 blessés, tous sunnites, dans les violences qui ont éclaté mardi peu après l'attentat. Quarante personnes sont toujours portées disparues", a expliqué le général Korshed Dousti, de la 6e division de l'armée irakienne.
Une commission d'enquête doit être formée
Les familles des personnes tuées ne voulant pas que leurs proches soient entre les mains des employés majoritairement chiites de l'hôpital de Tal Afar, les corps d'une cinquantaine de victimes sunnites ont dû être transférés à l'hôpital Joumhouri de la ville de Mossoul. Selon un médecin, la plupart des victimes, dont des vieillards et des jeunes, avaient les mains attachées et une balle dans la tête.
A Tal-Afar, des manifestations ont eu lieu devant la mairie de la ville pour réclamer la démission du maire et demander la libération des policiers chiites arrêtés. Le Premier ministre Nouri al-Maliki a pour sa part annoncé la formation d'une commission d'enquête sur les massacres.
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