Le chercheur français de retour à Paris

le 12 avril 2007 à 10h32 , mis à jour le 13 avril 2007 à 16h32

Le spécialiste de l'islam Stéphane Dudoignon, qui a été autorisé à quitter l'Iran, est arrivé à Orly à la mi-journée.

TF1/LCI : Le spécialiste de l'islam Stéphane Dudoignon lors de son retour en France après avoir été, durant plusieurs semaines, retenu en Iran (13 avril 2007)Le spécialiste de l'islam Stéphane Dudoignon lors de son retour en France après avoir été, durant plusieurs semaines, retenu en Iran (13 avril 2007) © TF1/LCI

Le chercheur français Stéphane Dudoignon, retenu contre son gré en Iran depuis fin janvier, a quitté le pays vendredi matin. Après avoir récupéré la veille son passeport confisqué par les autorités iraniennes, il a pris un vol d'Iran Air qui est arrivé à l'aéroport parisien d'Orly à la mi-journée. A son arrivée à Paris, Stéphane Dudoignon, visiblement en forme, est revenu sur les conditions de ce qu'il appelle une "assignation à résidence". "Je n'étais pas au bagne. Ce séjour s'est déroulé, grâce au soutien de mes proches, de ma famille iranienne et de l'ambassade de France, dans d'excellentes conditions, si ce n'est sur le plan nerveux et psychologique", a-t-il assuré. "J'étais plus ou moins assigné à résidence, je n'avais pas le droit de déménager de la résidence de ma belle famille où j'étais. Je ne suis pas sorti de Téhéran", a ajouté le chercheur dont la belle-famille est iranienne.

Spécialiste de l'islam contemporain en Asie Centrale, travaillant pour le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l'Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS), le chercheur s'intéresse à la minorité sunnite en Iran, celle qui incarne une forme d'opposition au pouvoir chiite en place. Il avait été appréhendé le 30 janvier alors qu'il photographiait une procession religieuse dans la province sensible du Sistan-Balouchistan, située à la frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan.

"Nouveau visa"

Le chercheur est revenu sur les raisons de ce qu'il appelle une "interpellation" et non une "arrestation". "J'ai été soupçonné par la simple police locale d'une localité de l'océan Indien d'avoir filmé dans une zone sensible où se trouve - je l'ai appris sur place - un aéroport souterrain de la République islamique", a-t-il affirmé. A la question de savoir si son sujet de recherche, le renouveau sunnite en Iran au cours du XXe siècle, avait joué un rôle dans cette interpellation, Stéphane Dudoignon a répondu "absolument". "Le reproche qui m'a été fait, c'est de m'intéresser de trop près aux conflits inter-communautaires qui ont pu apparaître ces dernières années", a-t-il précisé. Il a affirmé qu'il allait retourner en Iran "bientôt". "Il ne devrait pas y avoir d'obstacle pour que j'obtienne un nouveau visa", a-t-il dit.

Son aventure avait été révélée par Le Monde : selon le journal, Stéphane Dudoignon avait fait "l'objet de facto" d'une assignation à résidence à Téhéran, bien que n'étant visé par aucune inculpation, et "les autorités iraniennes avaient ouvert une enquête sur les raisons de sa présence au Sistan-Baloutchistan". Le quotidien ajoutait alors que "les autorités françaises ont choisi de ne pas faire état publiquement de son cas, préférant traiter l'affaire dans le secret par des canaux diplomatiques". L'affaire rendue publique, la France avait lancé il y a quelques jours officiellement un appel aux autorités iraniennes pour que le chercheur puisse quitter le pays.

D'après agence

le 12 avril 2007 à 10:32
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