Libération médiatique pour les marins britanniques

le 04 avril 2007 à 15h27 , mis à jour le 04 avril 2007 à 21h44

Une cérémonie a été organisée mercredi à Téhéran pour la libération des 15 marins britanniques au centre des tensions entre Iran et Royaume-Uni.

TF1/LCI : Cérémonie organisée à Téhéran pour la libération de 15 marins britanniques - image de la télévision iranienne (4 avril 2007)Cérémonie organisée à Téhéran pour la libération de 15 marins britanniques - image de la télévision iranienne (4 avril 2007) © TF1/LCI

La nouvelle est un "soulagement profond" pour Tony Blair. L'annonce a été faite mercredi après-midi par Mahmoud Ahmadinejad, lors d'une conférence de presse : l'Iran a accepté de libérer les 15 marins britanniques capturés le 23 mars à l'embouchure du fleuve Chatt al Arab. Et dans la foulée, la télévision iranienne a diffusé les images d'une cérémonie organisée à Téhéran, où l'on pouvait voir le président iranien en personne saluer un par un les militaires britanniques s'apprêtant à quitter le pays... Complétant la mise en scène de ce "geste de clémence", l'agence centrale d'information iranienne avait diffusé peu auparavant un communiqué évoquant la réaction des marins, apprenant en direct l'annonce de leur libération : cris de joie, la seule femme du groupe, Faye Turney, ayant eu "les yeux emplis de larmes", et remerciements "au président et au peuple iranien pour leur bonté".

Le président iranien a évoqué un "cadeau" fait à Londres, tout en rendant un hommage appuyé aux militaires qui avaient capturé les quinze marins dans le Golfe - et qui ont été décorés. "Je demande à M. Blair de ne pas punir ces soldats pour avoir accepté de dire la vérité", a ajouté Mahmoud Ahmadinejad, dans une allusion aux séquences diffusées par la télévision à Téhéran, dans laquelle les militaires britanniques avouaient être entrés "de toute évidence" dans les eaux territoriales iraniennes. Il a regretté que le Royaume-Uni n'ait pas été "assez courageux" pour reconnaître son "erreur", tout en affirmant que Londres avait pris par lettre l'engagement de ne pas "recommencer" à violer le territoire iranien.

Un geste pour Londres, un geste pour Washington

Durant les dernières heures, le ton s'était singulièrement détendu entre Londres et Téhéran, et les deux parties avaient affiché leur volonté de résoudre la crise par la voie diplomatique. Sitôt après l'annonce du président iranien, le gouvernement britannique a fait part de sa satisfaction et a indiqué se préoccuper dans l'immédiat des modalités de rapatriement des militaires retenus par Téhéran.

Ayant annoncé la libération des marins britanniques, le président iranien, dans un geste appuyé d'ouverture à destination des Etats-Unis, a indiqué au cours de la même conférence de presse que l'Iran pourrait envisager des relations avec Washington, pour peu que l'administration Bush change d'attitude  à l'égard de Téhéran. La Maison Blanche a simplement indiqué suivre "de près" la situation des marins britanniques.

L'administration américaine est restée en retrait dans cette affaire, laissant le gouvernement Blair opérer, dans le souci évident de ne pas compliquer la situation compte tenu des relations tendues entre Washington et Téhéran. Le président George W. Bush avait cependant qualifié la capture "d'inexcusable" et "d'indéfendable", et exclu tout échange entre les soldats britanniques et cinq Iraniens détenus en Irak par les forces américaines. Néanmoins, un diplomate iranien enlevé deux mois auparavant dans le centre de Bagdad - un rapt dont les Etats-Unis et l'armée irakienne refusaient d'endosser la responsabilité - a opportunément retrouvé la liberté mardi ; et de manière tout aussi opportune, un représentant de Téhéran a été autorisé à rencontrer les cinq Iraniens arrêtés le 11 janvier dernier par les forces américaines à Erbil.

D'après agence

Libération des marins britanniques : les réactions

"La France se réjouit de l'annonce de la libération des marins britanniques. Nous espérons maintenant que cette libération s'effectue le plus rapidement possible", a déclaré mercredi Philippe Douste-Blazy.
Ségolène Royal a également salué mercredi la libération des marins britanniques, se félicitant "que la raison et l'humanité aient prévalu". 
Le ministère russe des Affaires étrangères a vu dans la libération des marins capturés "un geste de bonne volonté des autorités iraniennes".
La présidence allemande de l'Union européenne a salué l'annonce de la libération des 15 marins, en y voyant "un début" qui permet d'envisager "d'autres coopérations" entre la République islamique et la communauté internationale.

le 04 avril 2007 à 15:27
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