Manifestation de soutien à la laïcité dans les rues d'Istanbul, le 29 avril 2007 © LCI-TF1Plus d'un million de personnes, selon la police, étaient rassemblées dimanche à Istanbul pour affirmer leur attachement aux principes laïques alors que l'unique candidat à la magistrature suprême est un ancien islamiste se définissant comme un "démocrate conservateur". Ce dernier, le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül, a réaffirmé dimanche qu'il ne renonçait pas à briguer la présidence, bien qu'il ne soit pas parvenu vendredi, à réunir les 367 voix requises au Parlement pour être élu au premier tour.
Au troisième tour, au cours duquel seule la majorité simple est requise, Abdullah Gül est assuré d'accéder à la fonction suprême, fort du soutien écrasant du parti de la Justice et du Développement, l'AKP, issu de la mouvance islamiste. Cette perspective n'est pas pour plaire à l'armée. Les militaires, déjà responsables de trois coups d'Etat, se sont dits vendredi soir, fermement déterminés à défendre le principe de laïcité. Le gouvernement a riposté le lendemain rappelant que l'état-major "demeurait sous les ordres du Premier ministre".
Le déroulement de l'élection présidentielle, observé avec attention à Bruxelles, aura valeur de test dans la longue marche de la Turquie vers le bloc européen. La présidence allemande de l'UE "attend que tous les responsables politiques contribuent à ce que l'élection présidentielle se déroule conformément aux règles démocratiques". Sans nommer l'armée, la présidence a insisté en particulier pour que ce scrutin ne soit pas influencé par des "pressions extérieures".
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