Ehud Olmert interviewé sur la chaîne de télévision allemande N24 Sat1 © TF1/LCIUne commission d'enquête gouvernementale a remis lundi à Ehud Olmert son rapport sur les ratés de la guerre au Liban, dont les grandes lignes distillées par les médias israéliens sont sévères pour le Premier ministre du pays. Alors que le juge Winograd, présidant la commission, rendait publiques ses conclusions en cours d'après-midi lors d'une conférence de presse au palais des congrès à Jérusalem, les premiers manifestants se rassemblaient dans le quartier pour exiger la démission du premier ministre et de son gouvernement. En fin de soirée, lundi, Ehud Olmert a pourtant affirmé devant les ministres de son parti Kadima qu'il refusait de démissionner. "De nombreuses erreurs ont été commises par ceux qui ont pris les décisions, moi en tête. Il faut réparer ces erreurs", a-t-il toutefois admis.
La commission, composée de cinq membres, dont un juriste, deux militaires et deux universitaires, a interrogé plus de 70 responsables politiques et militaires. Les médias ont qualifié le rapport Winograd de "tsunami politique" pour Olmert. De nombreux responsables de l'opposition réclament le départ du Premier ministre et une importante manifestation appelant à sa démission doit se tenir jeudi à Tel-Aviv, alors même qu'Ehud Olmert, éclaboussé par une série d'affaires de corruption, bat tous les records d'impopularité.
Une offensive lancée en aveugle
Le rapport examine les six annnées qui ont suivi le retrait unilatéral israélien du Liban sud en mai 2000 jusqu'au cinquième jour inclus du conflit, qui s'était déroulé du 12 juillet au 14 août 2006. Ce document de 320 pages, rapport intermédiaire avant celui définitif attendu pour juillet, se divise en trois chapitres : les préparatifs de l'armée et de la défense civile, la décision d'engager le conflit et sa gestion par la classe politique et militaire.
La commission met en cause la responsabilité directe d'Olmert dans "l'échec" des opérations et lui reproche de s'être aveuglément lancé dans le conflit sous l'influence de l'armée. Elle le critique aussi pour avoir fixé des objectifs sans vérifier s'ils étaient réalisables, comme la libération de deux soldats capturés le 12 juillet par le Hezbollah libanais. La capture des soldats avait été le détonateur de l'offensive israélienne qui a dévasté le Liban.
Mais le ministre de la Défense Amir Peretz et l'ancien chef d'état-major, le général Dan Haloutz, sont eux aussi sérieusement épinglés. Le premier, un ex-syndicaliste dénué d'expérience militaire, s'est laissé manipuler par l'état-major, et le second a sous-estimé l'impact des 4000 roquettes tirées par le Hezbollah contre le nord d'Israël, qui ont contraint un million d'Israéliens à se réfugier dans les abris ou à fuir. De plus, l'armée n'a pas pu briser l'appareil militaire du mouvement libanais chiite.
D'après agence
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