Bernard Kouchner au Liban lors d'un hommage à Rafic Hariri © TF1/LCIMême si la France a changé de président et de ministre des Affaires étrangères, la politique qu'elle mène au Liban sera "la même" que durant la présidence de Jacques Chirac, a affirmé vendredi Bernard Kouchner. Au terme d'une visite de deux jours à Beyrouth, le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé, entre autres, que la France ne souhaitait pas dialoguer avec la Syrie.
"Nous sommes disposés à parler avec toutes les personnalités et les représentants de groupes qui sont en faveur de l'unité du Liban, de son autonomie et de son intégrité territoriale", a-t-il déclaré sur l'antenne d'Europe 1. "Ça veut dire très clairement que nous n'avons pas à parler avec les dirigeants syriens, que d'autres le font, que des contacts sont établis que si la situation l'autorise nous évoquerons cela et nous pourrons nous ouvrir", a-t-il ajouté.
"Pour le moment", a souligné Bernard Kouchner dont le Liban est le premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonction, "le problème ici c'est de savoir qu'on pose des bombes et qu'on tue des Libanais, quartier par quartier". Des combats ont opposé ces derniers jours l'armée libanaise à des militants du Fatah al Islam, organisation islamiste armée que certains disent liée aux services secrets syriens, ce que Damas dément. Une fragile trève, en vigueur depuis mardi, à mis fin à ces affrontements, les pires depuis la guerre civile qui a ravagé le pays de 1975 à 1990
Juger les assassins de Hariri
Bernard Kouchner a aussi réaffirmé sa détermination à obtenir la traduction en justice des assassins de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. "La France veut absolument la création de ce tribunal chargé de juger les assassins d'Hariri", a déclaré Bernard Kouchner. Le chef de la diplomatie française a souligné la disposition de la France à apporter son aide "à toutes les communautés" dans la recherche de la vérité dans la mort de Rafic Hariri, tué dans un attentat au camion piégé à Beyrouth en février 2005.
Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne font circuler au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution destiné à aboutir à la création d'un tribunal International chargé de juger les assassins de Rafic Hariri. "Le tribunal sera, je l'espère, dans quelques jours,peut-être mardi, voté au Conseil de sécurité", a ajouté Bernard Kouchner.
Bernard Kouchner a qualifié de "juste" une éventuelle décision du gouvernement libanais d'attaquer les islamistes armés retranchés dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared. La décision d'attaquer ou pas "appartient" au gouvernement et à l'armée. "Qu'ils l'a prenne me semble juste", a-t-il déclaré mais "les conséquences sont toujours difficiles à calculer". Les combats n'avaient pas repris vendredi à Nahr al-Bared, où un calme précaire régnait après 4 jours d'affrontements entre l'armée et des activistes proche d'al-Qaïda.
(D'après agence)
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