L'immeuble de Tripoli dans lequel un membre du Fatah al-islam s'est fait exploser, le 22 mai 2007 © LCI- Des milliers de réfugiés fuient le camp assiégé
Un convoi de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) de quatre véhicules chargés de vivres et de secours, est entré mardi dans le camp de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, à la faveur d'une trêve. Deux ambulances du Croissant rouge palestinien, transportant du matériel médical et de la nourriture sont également entrés dans le camp, dans le sillage du convoi de l'ONU. Ces ambulances doivent évacuer des blessés, parmi lesquels des enfants et tdes femmes enceintes, vers le camp de Baddaoui et d'autres hôpitaux de la région.
Lors de l'entrée du convoi dans le camp, deux réfugiés palestiniens ont été tués par des tirs. Aucun membre de l'Unrwa n'a été atteint. Des milliers de réfugiés profitaient en outre de la trève pour fuir le camp et se réfugier dans le camp voisin de Baddaoui. Le camp de Nahr al-Bared qui abrite 31.000 habitants et qui est encerclé et bombardé par l'armée libanaise qui veut déloger les extrémistes du Fatah al-Islam, manque de courant électrique, d'eau et de vivres depuis dimanche.
- Un membre du Fatah al-islam se fait exploser à Tripoli
Un membre du groupe islamiste Fatah al-Islam, traqué par la police à Tripoli, dans le nord du Liban, s'est fait exploser mardi lors d'un raid des forces de sécurité, sans faire d'autre victime. "Barricadé dans un appartement dans un immeuble à Tripoli, il a refusé de se rendre à la police et s'est fait sauter en déclenchant une ceinture bourrée d'explosifs", a précisé un officier, sous le couvert de l'anonymat. Il a expliqué que dans un premier temps, les policiers avaient forcé la porte de l'appartement du cinquième étage, après avoir blessé l'islamiste à la jambe. "Sommé par les policiers de se déshabiller de peur qu'il ne soit porteur d'explosifs, le fondamentaliste a jeté son revolver mais s'est fait sauter tout de suite après", a poursuivi l'officier de police. L'incident s'est déroulé dans l'immeuble de la rue Mitayn, à Tripoli, où la police avait tué dimanche dix membres du groupuscule Fatah al-Islam.
- Un cessez-le-feu fragile à l'initiative du Fatah al-Islam Depuis le début de l'après-midi, le groupe Fatah al-Islam respecte un cessez-le-feu. Le porte-parole du groupe islamiste lié à Al Qaïda, Abou Salim, a précisé que cette trêve serait indéfinie, si les soldats de l'armée libanaise suspendent les hostilités. "Nous offrons une chance à un retour au calme", a-t-il déclaré. Cependant, le porte-parole de l'armée libanaise a lui affirmé qu'ils n'était pas "prêts à annoncer des accords, car dès le départ l'armée respecte le cessez-le-feu et nos soldats ne font que riposter aux tirs dirigés contre eux".
Par ailleurs, une source militaire libanaise a indiqué que l'armée avait progressé en direction du camp, installant de nouvelles positions et des barrages. "Nous avons repris des positions et un peu plus", a dit cette source. Selon un photographe de l'AFP, les chars et les véhicules de l'armée ont avancé d'environ un kilomètre vers l'entrée sud du camp, qui s'étale le long de la route internationale menant vers la frontière syrienne.
- Les islamistes du Fatah al-Islam revendiquent deux attentats à Beyrouth
Le groupe islamiste Fatah al-Islam a par ailleurs revendiqué mardi les deux attentats qui ont frappé Beyrouth dimanche et lundi, menaçant de récidiver "au coeur de Beyrouth". L'explosion d'une bombe avait fait un mort et dix blessés dimanche dans le quartier chrétien d'Achrafiyé à Beyrouth. Lundi soir, dix personnes avaient été blessées dans un autre attentat - une bombe placée sous une voiture - dans un quartier de la ville à majorité musulmane.
Réactions politiques et internationales
- Ban Ki-Moon demande la fin des "attaques criminelles"
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a de nouveau appelé mardi à la cessation des "attaques criminelles" contre l'armée libanaise dans le nord du Liban et a déploré celle commise contre un convoi humanitaire de l'ONU dans le camp de Nahr al-Bared. "Ces actes constituent une offensive contre la stabilité et la souveraineté du Liban et ont sérieusement mis en danger les civils. Elles doivent cesser immédiatement", a affirmé Ban Ki-Moon.
- Les Etats-Unis mettent en garde la Syrie
Les Etats-Unis ont affirmé mardi leur soutien au gouvernement libanais dans les combats entre l'armée et le Fatah al-Islam, et ont mis en garde la Syrie contre toute tentative d'empêcher la création d'un tribunal spécial pour le Liban. Peu auparavant, le ministre syrien des Affaires étrangères avait nié tout lien entre son pays et le groupe islamiste.
- Le Liban cherche un moyen pour sortir de la crise
Mardi matin, le Premier ministre libanais Fouad Siniora a rencontré le représentant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban, Abbas Zaki, pour examiner avec lui des moyens pour résoudre la crise, née de la présence du Fatah al-Islam. Lundi soir, le gouvernement libanais s'est dit déterminé d'en finir avec ce mouvement.
- Le Fatah met en garde contre un "soulèvement" palestinien
Le mouvement Fatah a lui mis en garde contre un "soulèvement" dans les 12 camps de réfugiés palestiniens du Liban, si l'armée libanaise poursuit son bombardement de Nahr al-Bared, où le groupe islamiste Fatah al-Islam est retranché. "Aucun Palestinien, et aucune faction palestinienne au Liban n'acceptera que le peuple palestinien soit massacré dans une punition collective comme c'est le cas à Nahr al-Bared", a déclaré le chef du Fatah au Liban. Le responsable palestinien a ensuite réitéré un appel à "un cessez-le-feu immédiat pour résoudre le problème de Fatah al-Islam en coordination avec l'Etat libanais".
(D'après agence)
Le Fatah al-Islam, un groupuscule proche de Damas |
Réputé proche d'Al-Qaïda et des services de renseignements syriens, le Fatah al-Islam, groupuscule composé d'extrémistes palestiniens et d'autres nationalités arabes, est issu du mouvement palestinien pro-syrien Fatah Intifada, opposé au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, le plus influent dans les 12 camps de réfugiés palestiniens que compte le Liban. Nahr al-Bared est son bastion ; aux termes d'accords libano-palestiniens, les forces de l'ordre libanaises ne sont pas autorisées à entrer à l'intérieur des camps palestiniens. Les combats auraient démarré après une perquisition des autorités libanaises chez un des chefs présumé des combattants islamistes, à la suite du hold-up d'une banque perpétré par un gang d'islamistes. |
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