Les libanais à Beyrouth, pour un hommage à Rafic Hariri © LCIEn février 2005, le Premier ministre libanais Rafic Hariri était assassiné, avec 22 autres personnes, dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth, alors sous contrôle syrien. La Syrie, pointée du doigt dans cette affaire par les enquêteurs dépêchés par l'Onu, a démenti systématiquement toute implication. Un tribunal international prévu par les Nations-unies pour juger les assassins peinait à se mettre en place.
Liban: le Hezbollah bien visé dans l'enquête Hariri
Le ministre de l'Intérieur libanais a confirmé vendredi les noms de quatre suspects de la milice chiite cités dans les mandats d'arrêt émis par le tribunal de l'Onu enquêtant sur l'assassinat en 2005 du Premier ministre Rafic Hariri.
Publié le 01/07/2011
Avec plus de deux ans de retard, cette instance a donc été créee par l'Onu, via une résolution adoptée mercredi par le Conseil de sécurité, sortant ainsi cette question de l'impasse créée par la crise politique au Liban. La résolution a été adoptée par 10 voix sur 15. Cinq pays se sont abstenus : Chine, Russie, Afrique du sud, Indonésie et Qatar. Le texte adopté prévoit l'entrée en vigueur automatique le 10 juin de la convention signée entre l'Onu et le Liban portant création de ce tribunal, à moins que les parties libanaises ne s'entendent elles-mêmes pour le faire avant cette date.
Saad Hariri redoute des "provocations" de Damas
Mais pour l'heure, la ratification de cette fameuse convention par le Parlement de Beyrouth, exigée par la Constitution libanaise, n'a pu avoir lieu en raison de la crise qui sévit au Liban depuis novembre. Le président pro-syrien Emile Lahoud considère comme "illégitime" le gouvernement de Fouad Siniora, appuyé par l'Occident. Pour sa part, le président du Parlement, Nabih Berri, autre figure de l'opposition, refuse de convoquer la Chambre pour permettre la poursuite du processus de ratification.
Alors que la majorité parlementaire antisyrienne applaudit le vote "historique" au Conseil de sécurité, l'opposition dirigée par le puissant Hezbollah chiite et soutenue par Damas martèle qu'elle ne "reconnaîtra jamais le tribunal international". La Syrie a de son côté estimé mercredi que le tribunal violait la souveraineté du Liban et risquait de "détériorer" la situation dans le pays. Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire antisyrienne et fils du dirigeant assassiné, a lui mis en garde contre des actes de "provocation" de la part de Damas après le vote, tout en invitant les Libanais au calme.
Dans une ultime tentative de parvenir à un accord interlibanais sur le tribunal, le président Emile Lahoud avait proposé mardi la mise en place d'un cabinet de "salut national" de six ministres, devant faciliter la ratification de la convention et un règlement de la crise politique. Cette proposition a été immédiatement qualifiée de "suspecte" par Saad Hariri et "d'irrecevable et suicidaire" par de nombreux députés antisyriens.
D'après agence
Tirs de joie à Beyrouth |
Des tirs de joie ont salué mercredi soir à Beyrouth l'adoption officielle par le conseil de sécurité de l'ONU du tribunal international pour juger les assassins de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. Des habitants se sont rendus en nombre sur la tombe de l'ancien Premier ministre assassiné, située sur la place des Martyrs, dans le centre ville. Beaucoup d'entre eux arboraient des drapeaux du Courant du futur, le parti de Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire antisyrienne et fils du dirigeant assassiné, ainsi que du chef druze Walid Joumblatt, également membre de cette majorité. Des milliers de bougies recouvertes de sacs en papier posées à même le sol par les partisans du tribunal ont aussi récouvert les rues de la ville, des quartiers chrétiens de la colline d'Achrafié à la corniche du bord de mer, en passant par les ruelles sunnites. |
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