A 83 ans, Shimon Peres devient président

Par D.H. (avec agence), le 13 juin 2007 à 15h55 , mis à jour le 13 juin 2007 à 18h57

L'un des derniers pères fondateurs d'Israël, Prix Nobel de la Paix, Shimon Peres a été élu mercredi par le Parlement : son "ultime contribution" au pays.

TF1-LCI : Shimon PeresShimon Peres © TF1-LCI

Il est l'un des derniers représentants -avec Ariel Sharon, dans le coma depuis janvier 2006- d'une génération de dirigeants qui ont fait leurs premières armes lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948. Shimon Peres, 83 ans, a été élu par une écrasante majorité mercredi président de l'Etat hébreu au second tour d'un vote au Parlement. Il était assuré de remporter cette élection dans la matinée, après le retrait de ses deux concurrents, Reuven Rivlin, populaire député du Likoud (droite), et Colette Avital, députée travailliste. Shimon Peres a été élu par 86 voix contre 23, les 120 députés étant appelés alors à se prononcer pour ou contre son élection.

Aussitôt, le nouveau président, doyen du Parlement, s'est engagé à jouer un rôle de rassembleur du pays. "A compter de cet instant, j'ai l'intention d'être le représentant de l'ensemble de la nation et je me donnerai entièrement à son service", a-t-il déclaré, ému. Son discours a été salué par une salve d'applaudissements d'un parterre de personnalités et de députés. "La nation (...) a voulu ainsi marquer sa profonde appréciation pour le destin hors du commun d'un homme qui a été à tous les carrefours importants qui ont façonné l'histoire du pays", a déclaré le Premier ministre Ehud Olmert, en portant un toast en l'honneur du "9e président de l'Etat d'Israël".

A l'issue de la cérémonie au parlement, Shimon Peres s'est rendu au Mur des Lamentations, le site le plus sacré du Judaïsme, dans le secteur oriental de Jérusalem (annexé) où, conformément à la traditon, il a déposé un billet avec un voeu dans les interstices des pierres monumentales. La présidente de la Chambre Dalia Yitzik assurait l'intérim de la présidence, le président sortant Moshé Katzav étant tombé en disgrâce fin janvier pour son implication présumée dans une affaire de viol et harcèlement sexuel. Son mandat de sept ans arrivait à expiration en juillet. 

60% de soutien populaire

Shimon Peres va ainsi pouvoir se défaire de son image d'"éternel perdant", après avoir été battu à de cinq législatives consécutives. Bien que sa nouvelle fonction soit essentiellement protocolaire, le n°2 du gouvernement Olmert devrait, par son tempérament fort et sa présence sur la scène politique depuis plus d'un demi-siècle, tenir un rôle fort. Lui-même parle de cette fonction comme de son "ultime contribution" au pays.

Prix Nobel de la paix 1994, avec Yasser Arafat et Yitzhak Rabin pour leur avancée dans les négociations de paix entre Israël et la Palestine, plusieurs fois ministre, Shimon Peres jouit d'une aura internationale et d'un fort soutien de l'opinion. 60% des Israéliens voulaient en effet que ce soit lui qui soit élu président, contre 22% pour Reuven Rivlin et 6% pour Colette Avital. Il avait été, à la surprise générale, battu en 2000 lors de la dernière élection présidentielle par Moshé Katzav, le candidat de la droite.

Pris en auto-stop à 25 ans par Ben Gouriou, son mentor

Né à Vichnev (alors en Pologne, maintenant au Bélarus) en 1923, il avait immigré en Palestine à l'âge de 11 ans. Figure historique du parti travailliste, parti fondateur du pays, il n'avait pas hésité à le quitter pour rallier le Kadima d'Ariel Sharon, afin, selon lui, de promouvoir la paix, qu'il affirme être le but de sa vie. Ce faisant, il rendait hommage au passage à David Ben Gourion, le "vieux lion" fondateur de l'Etat juif, qui, en le prenant en auto-stop alors qu'il avait 25 ans, l'avait propulsé vers son fabuleux destin. "J'ai appris de mon maître, David Ben Gourion, à toujours préférer l'Etat au parti", avait-il affirmé.

Classé parmi les "faucons" travaillistes, il a cautionné, alors qu'il était ministre de la Défense dans les années 1970, les premières colonies juives en Cisjordanie occupée. Par la suite, il s'est acquis une réputation de "colombe" en jouant un rôle moteur dans les accords d'Oslo conclus avec Yasser Arafat en 1993, alors que Yitzhak Rabin, le Premier ministre de l'époque restait encore très sceptique.

Par D.H. (avec agence) le 13 juin 2007 à 15:55
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1 Commentaires

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  • Une pensée pour, le 13/06/2007 à 16h44

    FELICITATIONS! Il était plus que temps de se rendre compte de sa grande valeur...lui le seul survivant des accords d'Oslo et du Nobel 1 994

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