Les chars de l'armée libanaise, à l'entrée du camp de Narh al-Bared, le 1er juin 2007 © LCI
L'armée intensifie sa présence autour de Nahr al-Bared
De violents combats opposent vendredi l'armée libanaise aux combattants du Fatah al-Islam, retranchés dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, au nord du Liban, encerclé depuis 13 jours par l'armée. La reprise des accrochages est intervenue après une accalmie relative ponctuée de tirs intermittents entre l'armée et le groupe islamiste au cours des dernières 24h. Selon un premier bilan, au moins deux soldats libanais et douze autres personnes ont péri jeudi. Les service de sécurité n'ont cependant pas précisé s'il s'agissait de civils ou d'islamistes armés, mais a fait état "de nombreuses victimes dans les rangs des islamistes". Certains ont pris la fuite alors que d'autres se sont cachés parmi les civils du camp pour les "utiliser comme boucliers humains".
Selon le porte-parole de l'armée, les combattants de Fatah al-Islam ont tiré les premiers à l'arme automatique, en direction des positions des soldats et de la route qui contourne le camp et qui relie Tripoli, chef-lieu du Liban nord, à la frontière avec la Syrie, la rendant impraticable. Puis les échanges de tirs se sont intensifiés et l'artillerie des deux camps est entrée en action, a affirmé la police.
Assaut imminent ?
L'armée a pilonné toute la matinée, au canon de char et aux mortiers, les positions du Fatah al-islam. Plus d'une dizaine de chars de l'armée sont déployés au nord du camp où se concentrent les combats. Les tirs ont baissé d'intensité en milieu de journée, mais le pilonnage a repris dans l'après-midi, provoquant des colonnes de fumée visibles à distance.
A la faveur de la couverture d'artillerie, un commando de l'armée d'un millier d'hommes progresse vers les positions du groupe islamiste située au nord-ouest du camp. L'armée libanaise a cependant démenti des informations faisant état d'acheminement de renforts autour de Nahr al-Bared dans le but de donner l'assaut au camp. Les autorités militaires ont néammoins demandé aux insurgés de se rendre. L'armée de dit déterminée à poursuivre ses opérations jusqu'à la reddition des membres du Fatah al-Islam. Elle a aussi appelé "les frères palestiniens (réfugiés du camp) à ne pas donner refuge à ces criminels".
Des milliers de réfugiés
Jeudi, un soldat avait été tué par des francs-tireurs, alors que la veille trois soldats avaient été légèrement blessés dans des affrontements. Le Fatah al-Islam refuse de livrer les assassins de 27 militaires tués le 20 mai dans leurs positions à la lisière de Nahr al-Bared. Le gouvernement libanais et l'armée exigent la reddition des personnes impliquées.
Plusieurs milliers de réfugiés palestiniens ont fui le camp, qui comptait environ 31.000 personnes, à la faveur d'une trêve fragile intervenue le 22 mai. Environ 5000 y seraient restés, selon l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens. Trente-cinq militaires ont été tués depuis le début des affrontements entre l'armée et le Fatah al-Islam. Au moins 33 membres du groupe islamiste y ont péri.
La Syrie ne coopèrera pas avec le tribunal Hariri |
Le chef de la diplomatie syrienne a affirmé vendredi que son pays ne coopérerait pas avec le tribunal de l'ONU, chargé de juger les assassins de Hariri. La résolution 1757 adoptée mercredi par le Conseil de sécurité "n'a aucun impact sur la Syrie", a déclaré le ministre. "La Syrie a réitéré à plusieurs reprises que le tribunal ne concerne que le Liban. La Syrie n'abandonnera pas sa souveraineté", a encore dit le ministre. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 30 mai la résolution 1757 qui stipule la création d'un tribunal international pour juger les assassins de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. Cinq pays se sont abstenus au vote : Chine, Russie, Afrique du sud, Indonésie et Qatar. |
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