Attentat dans lequel le député antisyrien Walid Eido a été tué le 13 juin 2007 à Beyrouth © TF1-LCIL'attentat était ciblé : c'est une une jeep stationnée dans l'allée qui a explosé au passage de la voiture du député. Le député de la majorité antisyrienne Walid Eido a été tué, ainsi que dix autres personnes, mercredi dans un attentat à l'explosif. Parmi les victimes figurent le fils aîné de Walid Eido, Khaled, et deux gardes du corps. 11 autres personnes ont été blessées. Le député et son entourage sortaient d'une plage privée de Beyrouth. La violence de l'attentat a fait exploser les vitrines alentour, provoqué des incendies et une véritable panique dans ce secteur de très fréquenté de Beyrouth, à majorité musulmane, où se trouvent plusieurs plages dont le bain militaire, un club fréquenté par les officiers de l'armée.
Le Premier ministre libanais Fouad Siniora a réclamé mercredi soir une réunion extraordinaire de la Ligue arabe au niveau des ministres des Affaires étrangères après cet attentat. Auparavant, le ministre libanais de la Communication, Marwan Hamadé, avait déjà accusé "le régime syrien du meurtre du député Walid Eido pour réduire la majorité parlementaire" antsyrienne. De son côté, l'ancien président Amine Gemayel, dont le fils Pierre qui était ministre et député a été tué en novembre 2006, a déclaré que "ce qui s'est passé aujourd'hui donne une plus grande importance au tribunal qui est chargé de poursuivre les assassins et de les châtier". Ce tribunal est habilité à juger les assassinats de Hariri et de tous les crimes qui l'ont suivi et qui y sont liés. Et le chef de la majorité parlementaire antisyrienne, Saad Hariri, a accusé la Syrie sans la nommer du meurtre du député Walid Eido et a appelé la ligue arabe à boycotter "ce régime terroriste".
9e attentat à Beyrouth en moins d'un mois
Walid Eido, agé d'une soixantaine d'année, présidait la commission de la Défense au Parlement libanais. Parmi les réactions : la Maison Blanche a dit "déplorer" cet attentat et Nicolas Sarkozy a condamné "avec la plus grande fermeté ce nouvel attentat ciblé". "Je tiens à réaffirmer avec force mon attachement à la stabilité, à l'indépendance et à l'intégrité du Liban", a ajouté Nicolas Sarkozy. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a de son côté vivement condamné l'attentat, le qualifiant de "crime odieux et lâche". L'UE a condamné "de la façon la plus ferme" l'attentat de Beyrouth.
Des écoles avaient été fermées car les autorités s'attendaient à des attentats. Mais c'est la première fois qu'un attentat frappe Beyrouth en plein jour depuis la vague d'attentats contre des quartiers résidentiels et commerciaux qui a suivi l'engagement de l'armée libanaise dans des combats contre des islamistes au Liban nord. Il s'agit aussi du premier assassinat d'un député après l'entrée en vigueur le 10 juin de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu instaurant le "tribunal spécial" pour juger les assassins de Hariri.
Au total, neuf attentats et explosions ont secoué Beyrouth et ses environs depuis le 20 mai. Walid Eido faisait partie du Courant du Futur dirigé par Saad Hariri, dont le père, Rafic, ancien Premier ministre, avait été tué dans un attentat à bombe à Beyrouth en février 2005 (lire notre article). Avec ce meurtre, la majorité n'est plus que de 70 députés sur les 128 parlementaires que comptait la chambre des députés. Un quorum d'une majorité des deux tiers des députés est nécessaires pour tenir la réunion du Parlement qui doit élire le prochain président.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





