Gaza-Cisjordanie : Deux gouvernements en quête de légitimité

le 16 juin 2007 à 16h08 , mis à jour le 16 juin 2007 à 19h20

Le Hamas refuse toujours de reconnaître la nomination de Salam Fayyad au poste de Premier ministre, qui doit annoncer la composition de son gouvernement d'urgence.

TF1 / LCI Salam Fayyad et Ismaïl HaniyehSalam Fayyad et Ismaïl Haniyeh © LCI

Depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par les forces du Hamas, la confusion règne à la tête de l'Autorité palestinienne. Salam Fayyad, le nouveau Premier ministre nommé ces dernières heures par le président palestinien Mahmoud Abbas, annoncera la composition de son gouvernement avant dimanche, mais avec quelle légitimité ? L'ex Premier ministre issu du Hamas, refuse en effet toujours de reconnaître son limogeage. Ismaïl Haniyeh affirme que son cabinet demeure "le gouvernement légitime" des territoires palestiniens et qu'il continuera d'exercer ses fonctions. Selon lui, le Hamas a pris le contrôle de Gaza pour mettre fin à un "désordre sécuritaire" et rejette en bloc les accusations de "putsch" proférées par le Fatah.

Et pour prouver qu'il ne compte pas se plier à la décision de Mahmoud Abbas, Ismaïl Haniyeh, qui détenait aussi le portefeuille de l'Intérieur, a nommé samedi matin un nouveau chef de la police et chargé un général à la retraite de "restructurer" la Sûreté nationale, le principal service de sécurité palestinien. Le dirigeant du mouvement islamiste a de plus proposé vendredi une trêve avec Israël et a réitéré la position du Hamas en faveur d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, englobant la bande de Gaza et la Cisjordanie avec Jérusalem-Est pour capitale. Mais le Hamas persiste à refuser de reconnaître officiellement l'Etat d'Israël, dont sa charte préconise la destruction.

Le Fatah parle de "purge" à Gaza

Le gouvernement d'urgence palestinien a lui reçu samedi le soutien des Etats-Unis, qui ont fait savoir au président Abbas qu'ils reprendraient la coopération et l'aide financière directe avec l'Autorité palestinienne. Les Etats-Unis boycottaient en effet le gouvernement palestinien depuis l'arrivée du Hamas, considéré comme organisation terroriste, à sa tête en mars 2006. De son côté, le Quartette international pour le Proche-Orient a affirmé samedi son plein soutien à Mahmoud Abbas, dont il reconnaît la "légitimité de dissoudre le gouvernement et de proclamer l'état d'urgence, étant donné les  graves circonstances".

Face à cette situation inextricable, de nombreux Palestiniens tentent de fuir la bande de Gaza. Mais la zone est entièrement bouclée par l'armée israélienne, à la suite de la prise du territoire par le Hamas. Dans Gaza, les partisans du Fatah dénoncent une "purge" mise en place par les combattants du Hamas. "Nous avons appris qu'ils faisaient des descentes dans les maisons", avance un membre de la Sécurité préventive resté fidèle au Fatah. Dans la nuit de vendredi à samedi, et samedi matin, deux combattants des Brigades des Martyrs al-Aqsa, ont été tués par le Hamas, selon des sources de sécurité.

D'autre part, l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a rejeté samedi la décision de la Ligue arabe de former une commission d'enquête sur les combats inter palestiniens dans la bande de Gaza. "Il s'agit d'une ingérence flagrante dans nos affaires", estime l'OLP, qui regroupe les principaux mouvements nationalistes palestiniens.

D'après agences

le 16 juin 2007 à 16:08
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