Membres du Hamas paradant à Gaza après la déroute du Fatah (15 juin 2007) © TF1/LCILe Hamas assure son contrôle de l'ensemble de la bande de Gaza après avoir mis en déroute les forces fidèles au président palestinien Mahmoud Abbas, et la traque des militants du Fatah est lancée. Cibles symboliques, un complexe clé de la Sécurité préventive à Gaza, des quartiers généraux à Rafah et Beit Lahya, puis le plus important QG de la Sûreté nationale à Gaza-ville sont successivement tombés. Le Hamas a assuré que des responsables du parti Fatah avaient fui le QG présidentiel, situé sur le front de mer à bord de bateaux.
Peu avant l'aube, le Hamas avait arrêté une dizaine de responsables du Fatah. Vendredi, dans la matinée, la branche militaire du mouvement islamiste a annoncé avoir "amnistié" et libéré ces chefs des services de sécurité fidèles au Fatah.
Images chocs à la TV
Les islamistes ont également fait exploser un studio de la radio officielle Voix de la Palestine. Deux autres radios proches du Fatah ont cessé d'émettre. Jeudi soir, l'un des chefs militaires du Fatah a été exécuté ; les télévisions locales ont diffusé des images chocs de sa mise à mort, alors qu'il était traîné dans la rue au milieu d'une foule sous les cris de "chien" puis criblé de balles. Sa dépouille a été promenée comme un trophée dans les rues.
En représailles, les Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah, ont abattu dans la nuit un membre du Hamas à Naplouse. Les violences gagnent ainsi la Cisjordanie, où certains membres du Hamas ont été capturés et où des boutiques tenues par certains autres ont été attaquées par des foules furieuses. Selon des sources hospitalières, les combats ont fait au moins une trentaine de morts au cours de la seule journée de jeudi, soit plus de 110 tués depuis samedi.
Inquiétudes internationales
Le président Abbas a décidé jeudi soir de limoger le gouvernement d'union dominé par le Hamas, d'organiser des élections anticipées, "dès que la situation le permettra", de former un gouvernement transitoire et de proclamer l'état d'urgence dans les territoires palestiniens. Décisions aussitôt déclarées sans effet par le Premier ministre issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh, qui a toutefois assuré que son mouvement n'avait pas l'intention de proclamer "un Etat" dans la bande de Gaza. "La bande de Gaza est une partie indissociable de la patrie et ses habitants constituent une partie indissociable du peuple palestinien. Non à un Etat dans la bande de Gaza seulement", a-t-il lancé dans une intervention télévisée.
Les Etats-Unis ont promptement réagi : la Maison Blanche a exprimé sa "profonde inquiétude" devant les violences alors que la Commission européenne a appelé à "une trêve humanitaire". La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a affirmé "soutenir pleinement" les décisions de Mahmoud Abbas. La France a également exprimé son "plein soutien" au président, "pilier des institutions démocratiques de l'Autorité palestinienne".
La présidence allemande de l'Union Européenne a condamné vendredi "avec la plus grande sévérité la prise de pouvoir violente par les milices illégales du Hamas à Gaza et la mort de civils innocents". L'UE "soutient énergiquement" la décision conforme à la constitution palestinienne du président palestinien Mahmoud Abbas de dissoudre le gouvernement et "de mettre en place un gouvernement d'état d'urgence pour les territoires palestiniens". De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé qu'une entrée de troupes de l'ONU dans la bande de Gaza, ne pouvait pas se faire sans accord du Fatah et du Hamas. "Il faut pour cela l'accord de tous les représentants palestiniens, du Fatah et du Hamas", a-t-il déclaré.
D'après agence
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