Les obsèques de Walid Eido et de son fils Khaled, le 14 juin 2007 © LCIDes milliers de Libanais ont marché jeudi à travers Beyrouth drapeaux au vent, derrière le cortège funèbre de Walid Eido et de son fils Khaled, tués mercredi dans un attentat à la voiture piégée. Le cortège composé uniquement d'hommes a traversé les rues à majorité sunnite de Beyrouth, jusqu'à la mosquée et le cimetière des martyrs où le député et son fils ont été enterrés. Walid Eido, connu pour son franc-parler contre Damas, était député sunnite de Beyrouth et membre du parti Courant du Futur, dirigé par Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire, dont le père Rafic a lui-même été assassiné en février 2005 dans un attentat spectaculaire au centre de Beyrouth. Jeudi a été décrété "journée de deuil national" par le gouvernement libanais.
Un jour après avoir appelé les pays arabes à "boycotter le régime terroriste" en Syrie, Saad Hariri a promis dans un discours aux funérailles que "les criminels seront traînés, sous le coup de l'humiliation, en prison". Le mufti sunnite cheikh Mohammad Rachid Qabbani a lui affirmé que Eido avait été assassiné par les "mêmes mains" qui ont tué Rafic Hariri, dont la mort a été imputée à la Syrie. "Beyrouth veut se venger de Lahoud et de Bachar", scandait-on dans lors de la cérémonie, en allusion au président libanais Emile Lahoud, un allié de Damas, et au président syrien Bachar al-Assad. Sur d'autres artères traversant les quartiers à dominante sunnite, des jeunes placardaient des portraits de Walid et Khaled Eido. On pouvait y lire : "Nous vous aimons".
"Journée de deuil national"
La Syrie, accusée de toute part et notamment par la majorité antisyrienne d'être derrière cet assassinat, a finalement réagi jeudi et vivement condamné l'"attentat criminel" qui a coûté la vie au député libanais et à neuf autres personnes. Damas a aussi condamné "tout acte visant à porter atteinte à la sécurité et à la stabilité" au Liban et dénoncé ces "accusations, purement politiques, qui constituent une incitation flagrante aux attaques dont ont été victimes récemment des dizaines d'ouvriers syriens au Liban".
La mort de Walid Eido, nouvelle victime d'une série d'attentats contre des personnalités antisyriennes depuis l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, porte à trois le nombre de députés assassinés au sein de la majorité antisyrienne. Outre Walid Eido, le député et ministre chrétien Pierre Gemayel ainsi que le député et journaliste Gebran Tuéni ont été assassinés au cours des deux dernières années. Avec cette nouvelle mort, la majorité n'est plus que de 70 élus sur les 128 parlementaires que comptait la chambre des députés. Un quorum d'une majorité des deux tiers est nécessaire pour tenir la réunion du Parlement qui doit élire le prochain président.
D'après agence
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