Le pèlerinage chiite à Kerbala, le 28 août 2007 © TF1/LCILe pèlerinage chiite de Kerbala, la ville sainte située à environ 100 km au sud de Bagdad, s'annonçait tendu. Face aux menaces d'attentats de groupes sunnites et de tension entre pèlerins et représentants de l'ordre, les autorités avaient déployé un important dispositif de sécurité (10 000 policiers et 5 000 militaires). Plus de cent mille personnes effectuent en effet le déplacement pour célébrer mardi et mercredi l'anniversaire de leur douzième et dernier imam, Mohamed al Mahdi.
Dès lundi et l'arrivée des premiers fidèles, des heurts avaient éclaté. Les pèlerins s'insurgeaient notamment contre la présence trop massive de policiers. Une fusillade avait alors fait au moins trois victimes. Mardi matin, de nouveaux accrochages, plus sérieux , entre les forces de l'ordre et et des tireurs non identifiés, qualifiés de "bandes criminelles", ont émaillé les célébrations près des mausolées de l'imam Hussein et de son demi frère Abbas, deux autres figures de l'islam chiite. Les pèlerins, pris de panique, se sont mis à couvert pour tenter d'échapper aux tirs. Le bilan fait état d'au moins cinquante tués.
Les combats semblent en fait provenir de dissension dans la communauté chiite. Ils opposeraient en effet des combattants fidèles à l'imam radical chiite Moktada Sadr, probablement des miliciens de l'armée du Mahdi, et des policiers liés à un mouvement chiite rival, l'organisation Badr, bras armé du Conseil suprême islamique d'Irak (CSII).
Face à ces incidents, le gouvernement a entrepris d'envoyer des renforts aériens et terrestres vers Kerbala. Et il a demandé aux fidèles de quitter Kerbala, ce qu'on fait plusieurs milliers d'entre eux.
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