
Critiques de l'armée :
l'analyse du correspondant de LCI en Turquie
Pour la première fois depuis la création de la Turquie moderne et laïque par Ataturk en 1923, un islamiste, certes modéré, a été élu mardi à la présidence du pays. Comme prévu puisque sa formation, le Parti de la justice et du développement (AKP), est représentée en force au Parlement, Abdullah Gül a en obtenu la majorité des voix (339 sur 550) lors du troisième tour de scrutin -les deux premiers tours, qui se jouaient à la majorité des deux tiers, n'avaient fait que retarder l'échéance.
La première tentative d'élection de Abdullah Gül, qui était auparavant le ministre des Affaires étrangères, avait été contrecarrée par l'opposition laïque en avril. Appuyée par l'armée, elle soupçonne en effet les islamistes au pouvoir de remettre en cause la séparation de l'Etat et de la religion. La crise politique qui avait suivi a débouché sur des élections législatives, remportées haut la main par le parti islamiste du Premier ministre, Recep Erdogan. La polémique sur l'accession de Abdullah Gül à la présidence avait repris de sa vigueur la semaine dernière puisque sa femme, qui porte le voile, a fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention de le retirer malgré son nouveau statut.
De son côté, l'AKP nie vouloir démanteler le système laïque et Abdullah Gül a régulièrement affirmé son engagement à protéger la séparation entre l'Etat et la religion. Il a aussi promis qu'il serait le président impartial de tous les Turcs.





