Manifestations dans les rues à l'annonce des résultats de la législative partielle © TF1/LCIL'élection législative partielle organisée dimanche dans la région du Metn, près de Beyrouth, était cruciale. Elle a valeur de test pour les chrétiens divisés entre majorité et opposition, avant l'élection à l'automne prochain du chef de l'Etat, traditionnellement issu de leur communauté. Selon les résultats officiels communiqués dans la nuit de dimanche à lundi par le ministre de l'Intérieur, le candidat soutenu par le chef de l'opposition chrétienne libanaise, Michel Aoun, a remporté le scrutin mais la majorité antisyrienne a dénoncé des fraudes. Camille Khoury, le candidat du Courant patriotique libre (CPL), a devancé de justesse l'ancien président Amine Gemayel. Il a recueilli 39.534 voix contre 39.116 pour Amine Gemayel, dont les partisans ont adressé "une plainte sur les résultats", selon le ministre de l'Intérieur.
Dans la soirée, des centaines de partisans de la majorité et de l'opposition, séparés par des cordons de soldats appuyés par des blindés, s'étaient rassemblés sur une place de la banlieue nord de Beyrouth, près des quartiers généraux des deux principaux partis chrétiens. Amine Gemayel, un leader de la majorité, était candidat à la succession de son fils Pierre, tué en novembre 2006 dans un attentat imputé par la majorité à la Syrie. Une seconde élection avait lieu à Beyrouth pour remplacer un autre député anti-syrien, le sunnite Walid Eido, assassiné le 13 juin. Le candidat de la majorité Mohamad Amine Itani a annoncé sans surprise une large victoire.
Alliance avec le Hezbollah
La campagne pour le siège de Pierre Gemayel a donné lieu à une virulente bataille entre chefs du camp chrétien, écartelé entre majorité et opposition depuis novembre 2006 et la démission du gouvernement des six ministres pro-syriens. Michel Aoun est prétendant déclaré à la présidence, et Amine Gemayel est lui aussi candidat potentiel puisque le président du Liban est par tradition issu de la communauté maronite, la plus puissante Eglise chrétienne du pays. Michel Aoun s'est prévalu pendant la campagne de la large majorité du vote chrétien remportée par son parti, le Courant patriotique libre (CPL), aux législatives de 2005. Mais sa popularité est en recul depuis qu'il a fait alliance en 2006 avec le Hezbollah chiite, premier parti de l'opposition soutenue par la Syrie et l'Iran.
Le chef de l'Etat pro-syrien Emile Lahoud, qui ne reconnaît plus la légitimité du gouvernement soutenu par les Occidentaux, s'était opposé à la tenue de ces élections, qui se déroulaient sur fond d'instabilité politique et de combats, dans le Nord, entre l'armée et un groupe islamiste retranché dans un camp palestinien. La campagne agressive qui a opposé MM. Gemayel et Aoun a encore envenimé la crise, alors que l'élection d'un nouveau président par le Parlement est menacée d'échec par la paralysie des institutions. La majorité dispose en effet d'un nombre de députés suffisant pour imposer un candidat, mais l'opposition a jusque-là refusé de garantir le quorum des deux tiers nécessaire. L'ancien président libanais Amine Gemayel a lui lancé lundi un appel à la réconciliation entre chrétiens pour assurer l'élection présidentielle à l'automne.
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