© LCI - TF1Gordon Brown refuse d'évoquer un recul ou une défaite et parle d'une opération "planifiée et organisée". Pour le Premier ministre britannique, "il s'agit essentiellement de bouger d'une position où nous avions un rôle de combat dans quatre provinces et maintenant nous adoptons au fil du temps un rôle de supervision", l'objectif étant "de transférer la gestion de la sécurité aux forces irakiennes". Mais sur le terrain, en Irak, c'est bel et bien un retrait de troupes britanniques. Les 550 hommes qui occupaient jusqu'alors à Bassorah l'élégant palais construit par Saddam Hussein sur les rives du Chatt el-Arab, le bras d'eau qui marque la frontière entre l'Iran et l'Irak, se sont repliés vers une base aérienne fortifiée, à 25 km de la ville. Et si le commandemant britannique a rechigné à commenter l'opération, évoquant seulement lundi midi, dans un communiqué lapidaire, un transfert effectué "avec succès", l'armée irakienne a indiqué qu'elle avait bien officiellement reçu le contrôle de Bassorah.
Le contingent britannique, le plus important après le contingent américain, est actuellement composé de 5500 soldats. Un chiffre qui devrait descendre à 5000 grâce au départ du palais de Bassorah. Minimisant la portée de cette réduction, Gordon Brown a d'ailleurs tenu à souligner que "le nombre de soldats restera en gros le même pour l'instant". Pourtant, malgré l'importance des troupes sur place, elles ne contrôlent pas grand'chose sur le terrain.
Qui contrôle vraiment Bassorah
Avec le retrait de l'ancien palais de Saddam Hussein, la totalité du contingent britannique va se retrouver concentrée autour du même aéroport près de Bassorah, abandonnant de fait le contrôle de la région aux milices rivales et aux groupes criminels qui se disputent l'argent du pétrole détourné. Deuxième ville d'Irak avec ses deux millions d'habitants, et principale voie d'exportation du pétrole irakien, Bassorah est ainsi le théâtre d'une violente rivalité entre les hommes du chef radical chiite Moqtada Sadr, ceux du Conseil suprême islamique d'Irak d'Abdel Aziz Hakim, et ceux du parti Fadhila.
Le départ du palais de Bassorah n'est pas en soi une surprise, mais aucune date n'avait été annoncée jusqu'à présent. Et Gordon Brown s'est toujours refusé à évoquer un calendrier de retrait d'Irak. Fin août, il défendait encore l'engagement des soldats britanniques, déclarant qu'ils avaient "un travail important à faire" dans ce pays. Il n'en demeure pas moins que l'abandon du contrôle de Bassorah réduira encore plus l'utilité pratique de l'engagement britannique. Il survient de plus à un moment où d'anciens responsables militaires britanniques ne ménagent pas leurs critiques sur la manière dont les Etats-Unis ont géré la situation en Irak après la chute du régime de Saddam Hussein.
"Il n'y a aucun doute avec le recul que le plan américain pour l'après-guerre était totalement défectueux, et nombre d'entre nous le pressentaient à l'époque", a déclaré ce week-end au Sunday Mirror le général Tim Cross. Il était le plus haut gradé britannique à s'occuper de la planification pour l'Irak d'après Saddam Hussein. Quant au général à la retraite Sir Mike Jackson, commandant de l'armée britannique au moment de l'invasion en 2003, il juge la politique américaine en Irak "en faillite intellectuelle", selon des extraits de son autobiographie publiés samedi par le Daily Telegraph. Pour les deux hommes, le principal responsable de cette mauvaise situation n'est autre que le secrétaire américain à la Défense de l'époque, Donald Rumsfeld.
D'après agence
| Visite surprise de George W. Bush en Irak |
Le président américain est arrivé lundi à la base aérienne d'al-Assad, à l'ouest de Bagdad, pour une visite surprise en Irak, accompagné de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et du conseiller national à la Sécurité Stephen Hadley. Sa dernière visite remontait à juin 2006. Le secrétaire à la Défense Robert Gates, le chef d'état-major général américain, le général Peter Pace, le chef des opérations militaires américaines au Moyen-Orient, l'amiral William Fallon, ainsi que le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, attendaient le président américain à son arrivée. |
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