L'attentat à Beyrouth, le 19 septembre 2007 © LCIUne personnalité anti-syrienne, le député phalangiste chrétien Antoine Ghanem, a été tué mercredi dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth-Est. L'explosion a fait au moins six morts et 56 blessés près de l'hôtel Metropolitan, dans le quartier de Sin el Fil. La télévision a montré des images de trois ou quatre voitures en feu et une épaisse colonne de fumée s'élever au-dessus des immeubles de ce quartier commerçant et résidentiel.
Deux des principaux dirigeants de la majorité antisyrienne au Liban ont accusé la Syrie d'être responsable de l'attentat, à six jours de la présidentielle. "Je n'ai jamais vu de ma vie un régime aussi lâche que le régime (du président syrien) de Bachar al-Assad", a déclaré le chef de la majorité parlementaire antisyrienne, Saad Hariri. "Les ennemis du Liban ont tué Antoine Ghanem parce qu'ils veulent saboter l'élection présidentielle", a-t-il dit.
Sarkozy condamne un "nouvel attentat ciblé"
La communauté internationale dans son ensemble a vivement condamné l'attentat. La Commission européenne s'est dit "choquée", tandis que le Département d'Etat américain a "fermement condamné" l'assassinat du député. Moscou a dénoncé un attentat "provocateur" et Nicolas Sarkozy condamné un "nouvel attentat ciblé" contre un député antisyrien. Pointée du doigt, la Syrie a officiellement denoncé un "acte criminel" visant les efforts syriens en faveur de "l'unité" au Liban, selon l'agence Sana.
Le parlement libanais doit se réunir la semaine prochaine pour tenter de désigner un successeur au président Emile Lahoud. Depuis deux ans et demi la capitale libanaise a été le théâtre de plusieurs attentats à la bombe, visant notamment des personnalités anti-syriennes, dont sept ont été tuées. En juin dernier, le député Walid Eido et neuf autres personnes ont été tuées par l'explosion d'une voiture piégée. En novembre 2006, le ministre de l'Industrie, Pierre Gemayel, membre des Phalanges comme Ghanem, avait été assassiné par des hommes armés. En février 2005, l'ancien Premier ministre Rafic al Hariri avait également été victime d'un attentat à la bombe, qui avait tué 22 autres personnes.
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