Les cercueils des victimes de l'attentat à Beyrouth, le 21 septembre 2007 © LCIA quatre jours de l'élection présidentielle, des milliers de personnes se sont pressées à Beyrouth pour rendre hommage au député antisyrien Antoine Ghanem, tué mercredi dans un attentat à la voiture piégée. Un jour de deuil national a été décrété, mais les dirigeants de l'opposition n'étaient pas présents aux obsèques, qui se tenaient dans un climat d'ébullition partisane. Les responsables du camp antisyrien et des ambassadeurs occidentaux assistaient au service funéraire en l'église du Sacré-Coeur dans le quartier chrétien de Badaro.
Les cloches de l'église ont retenti et la foule a applaudi l'entrée, en fin de matinée, des cercueils, enveloppés dans des drapeaux libanais, du député Antoine Ghanem et de ses deux gardes du corps, tués mercredi dans un attentat à la voiture piégée dans une banlieue chrétienne de Beyrouth, avec deux autre personnes. Le cortège, composé d'un corbillard et de deux autres voitures, suivi d'une vingtaine de véhicules de proches, escorté par les forces de sécurité, a quitté en début de matinée l'hôpital libano-canadien, où reposaient les corps depuis l'attentat.
"Antoine Ghanem martyr du Liban"
Auparavant les familles et les proches avaient rendu un dernier hommage aux trois hommes, dont les cercueils avaient été disposés près d'une entrée des urgences. "Mon chéri, mon chéri", sanglotait la femme d'Antoine Ghanem, devant le cercueil ouvert de son époux. L'assistance, éplorée, a prié en présence d'un prêtre. Le cortège a ensuite traversé le quartier chrétien de Furn el-Chebbak, dont Antoine Ghanem dirigeait la section des Kataëb. Là, les cercueils ont été portés à bout de bras par une foule de plus en plus nombreuse, entre trois rangées de scouts du parti.
Les murs du quartier étaient couverts de photos du député et de ses gardes du corps. Sur des banderoles, on pouvait lire : "Antoine Ghanem martyr du Liban", "martyr après martyr" ou "on ne t'oubliera jamais". Une autre adressait "dix saluts au président Béchir Gemayel", ancien chef des FL et président élu assassiné il y a 25 ans. Dans l'ensemble du pays, les administrations étaient fermées et les drapeaux en berne. Ecoles et universités étaient fermées pour le second jour consécutif.
Malgré l'attentat, les autorités ont appelé au maintien de l'élection du président par les députés le 25 septembre, dont la tenue demeure incertaine en raison de la grave crise politique qui dure depuis un an entre la majorité, soutenue par les pays occidentaux, et l'opposition appuyée par Damas et Téhéran. Le Conseil de sécurité de l'ONU a formellement condamné jeudi cet "attentat terroriste", ajoutant qu'"aucune tentative de déstabilisation du Liban ne doit venir contrarier ou saper le processus constitutionnel". Il a réitéré son appel à la tenue d'une élection "sans aucune ingérence étrangère".
D'après agence
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