Iran : poussée de fièvre inattendue à Paris

Par D.H. (avec agence), le 17 septembre 2007 à 15h53 , mis à jour le 17 septembre 2007 à 21h58

A son tour, François Fillon a évoqué lundi la possibilité d'une guerre, tout en disant privilégier la diplomatie. Le PS réclame un débat parlementaire.

FillonFrançois Fillon, le 17 septembre 2007 © TF1-LCI

"Tout doit être fait pour éviter la guerre. Le rôle de la France est de conduire vers une solution pacifique une situation qui serait extrêmement dangereuse pour le reste du monde". Si François Fillon a tenté lundi d'atténuer les propos très forts de Bernard Kouchner, dimanche, sur l'éventualité d'une "guerre" (voir la vidéo), le Premier ministre en a conservé le ton : le ministre des Affaires étrangères, dit-il, "a raison" d'avoir de telles craintes car la "tension est à son extrême" avec l'Iran, même si la diplomatie a encore sa place pour éviter que l'Iran ne se dote de l'arme atomique.

Face à cette nouvelle fermeté du gouvernement, le n°1 du PS, François Hollande a demandé lundi que la question de l'Iran soit débattue au Parlement et que le président s'exprime "devant les Français" sur ce sujet. "Il faut que tout soit mis sur la table, il faut qu'il y ait une information qui soit donnée par le gouvernement au Parlement", a-t-il martelé, afin de connaître les informations qui ont fait changer de ton le gouvernement (voir la vidéo). Le PS qui trouve ces déclarations "inquiétantes" tandis que le PCF y voit "une confirmation dangereuse" de la "politique atlantiste de Nicolas Sarkozy" et François Bayrou "un événement extrêmement lourd"
et un "tournant sans précédent".

Washington se félicite

Mais déjà,  la France et les Pays-Bas se sont mis d'accord lundi à Paris pour tenter de convaincre un maximum de pays d'adopter des sanctions contre l'Iran en dehors du cadre de l'ONU si celle-ci ne prend pas des mesures supplémentaires contre Téhéran. Après un entretien avec Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie néerlandaise Maxime Verhagen, s'est dit prêt à appliquer des sanctions européennes.

Ce nouveau ton de la France, s'il illustre qu'après les évolutions françaises sur l'Irak, l'Otan ou la Turquie, Paris se rapproche de Washington, a provoqué une réaction d'abord frileuse puis de soutien des Etats-Unis. Le secrétaire à la Défense Robert Gates a affirmé dimanche soir, juste après l'interview de Bernard Kouchner, croire encore à la solution diplomatique pour régler la question nucléaire iranien. Mais lundi, le porte-parole du département d'Etat s'est aussi félicité des propos du chef de la diplomatie française. "La France a les mêmes objectifs que nous : que ce régime iranien ne puisse pas se doter d'une arme nucléaire", a-t-il déclaré.

Berlin attend

L'Autriche, elle, condamne la position française, de même que l'Agence internationale de l'énergie atomique, l'AIEA. Son directeur général, Mohamed ElBaradei, récuse la perspective d'un éventuel recours à la force contre l'Iran, jugeant que les "autres options" sont loin d'être épuisées.  Côté allemand, si Bernard Kouchner a affirmé que Berlin avait "proposé" des sanctions économiques européennes autonomes, on n'est "pas décidé", a affirmé lundi un diplomate européen.

Quant à l'Iran, elle a rétorqué lundi après-midi que ces déclarations évoquant un risque de guerre avec l'Iran "portait atteinte à la crédibilité de la France" et mis en garde contre le choix d'une confrontation de préférence à des "relations cordiales" (voir la vidéo du président iranien).

Par D.H. (avec agence) le 17 septembre 2007 à 15:53
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience