Bernard Kouchner, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le 16 septembre 2007 © TF1-LCIIl n'ira pas à Canossa... mais en Iran, pourquoi pas ? Après ses propos controversés sur la nécessité de "se préparer au pire" avec l'Iran, et ses multiples mises au point ("Je ne suis pas un va-t-en guerre, je suis un va-t-en paix"), Bernard Kouchner se dit "prêt à aller à Téhéran" et "en faveur d'un dialogue permanent avec les Iraniens". Une annonce faite dans une interview accordée au Figaro.
Le ministre des Affaires étrangère estime que la France doit jouer un rôle d'intermédiaire entre l'Occident et l'Iran. "J'ai été tellement mal compris qu'il est temps de rétablir l'honnêteté et la transparence de ma démarche. Nous ne sommes pas hostiles au dialogue avec les Iraniens, au contraire. Nous l'avons toujours maintenu", affirme-t-il. "Oui au dialogue permanent avec l'Iran. Oui aux efforts menés par l'AIEA. Pendant ce temps là, laissons nous imaginer des sanctions ciblées, afin de persuader les Iraniens de notre sérieux. Je suis un partisan acharné du multilatéralisme. Mon voeu le plus cher serait que ces sanctions passent par le Conseil de sécurité. Mais cela ne nous empêche pas de travailler à la préparation de sanctions ciblées avec nos partenaires européens", ajoute le chef du Quai d'Orsay.
Washington loue "le sérieux de la position française"
Lors de sa première visite officielle aux Etats-Unis, Bernard Kouchner doit rencontrer ce jeudi au Pentagone le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, puis être reçu vendredi à la Maison Blanche par le conseiller présidentiel à la Sécurité nationale, Stephen Hadley, avant de retrouver au département d'Etat son homologue Condoleezza Rice. Pour Robert Gates, la diplomatie reste "la meilleure approche" face à l'Iran, même si "toutes les options restent ouvertes".
Washington avait salué lundi "le sérieux de la position française", au lendemain des propos du chef de la diplomatie française sur la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran - propos qu'il avait assortis d'un appel à "négocier jusqu'au bout" pour éviter que Téhéran ne se dote de l'arme atomique, et d'une demande des sanctions européennes. Le gouvernement iranien avait en revanche dénoncé son "amateurisme", tandis que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad déclarait qu'il ne le prenait "pas au sérieux".
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