Char de l'armée libanaise dans les rues de Nahr al-Bared (2 septembre 2007) © TF1/LCILe corps du chef du Fatah al-Islam, Chaker al-Abssi, tué dimanche lors de la prise du camp palestinien de Nahr al-Bared, a été identifié lundi par sa femme à la morgue de Tripoli, parmi les corps des autres combattants islamistes. Une trentaine d'entre eux avaient été tués lors d'une tentative désespérée de sortie des assiégés : aux premières heures de dimanche, ils avaient essayé de forcer l'étau de l'armée libanaise. Ces derniers affrontements marquaient le début de la fin du siège du camp palestinien...
Il aura fallu plus de trois mois de combats autour de Nahr al-Bared vidé de ses habitants pour que l'armée libanaise vienne à bout de la résistance des combattants du Fatah al-Islam. Dimanche matin encore, des rafales de mitrailleuse lourde retentissaient à travers le camp palestinien, où les soldats avançaient maison par maison, traquant les derniers islamistes embusqués dans les ruines. D'ultimes accrochages opposaient les commandos des forces spéciales aux assiégés. Mais dans l'après-midi, les seuls tirs que l'on entendait encore étaient ceux des soldats fêtant leur victoire. Et l'armée traquait ceux qui avaient pu fuir dans la région montagneuse et reculée du Akkar, à quelques kilomètres au nord-est du camp.
Les islamistes terrés dans des abris souterrains
Les combats avaient éclaté le 20 mai lorsque le Fatah al-Islam, groupuscule sunnite revendiquant des liens idéologiques avec Al-Qaïda, avait lancé des attaques meurtrières contre des soldats aux alentours de Nahr al-Bared. Malgré les 3000 hommes mobilisés pour cette bataille, la progression de l'armée aura été extrêmement lente dans les ruines piégées de Nahr al-Bared. L'armée, mal équipée, manquant de munitions et de moyens aériens, aura fait face dans le camp à des combattants très bien armés et entraînés.
Les combattants du Fatah al-Islam s'étaient retranchés au cours des dernières semaines de la bataille dans des abris souterrains, véritables fortifications construites dans les camps palestiniens du Liban et capables de tenir tête aux raids aériens israéliens. Mais leur capacité de résistance s'atténuait. Au cours de la semaine écoulée, l'armée avait refusé l'évacuation des blessés demandée par les islamistes après le départ, le 24 août, de leurs femmes et enfants, derniers civils restés à Nahr al-Bared, déserté par ses 31.000 habitants. Selon un haut responsable militaire, une soixantaine de combattants se trouvaient alors dans le camp, dont plus d'une trentaine étaient blessés.
D'après agence
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