Ankara prêt à "payer le prix" de la lutte anti-PKK

le 22 octobre 2007 à 10h54 , mis à jour le 22 octobre 2007 à 10h58

Le Premier ministre turcs demande aux Etats-Unis de s'impliquer contre le PKK, alors que des milliers de manifestants réclament une riposte.

TF1/LCI : Soldats de l'armée turque (21 octobre 2007)Soldats de l'armée turque (21 octobre 2007) © TF1/LCI

Après la réunion, dimanche soir, de l'état-major de l'armée sous l'égide du Premier ministre Erdogan, le président turc Abdullah Gül reçoit ce lundi les chefs des partis politiques. Et la Turquie, entre déclarations bellicistes et manifestations ultra-nationalistes, se dit prête à se mobiliser, à payer le prix d'une opération dans le nord de l'Irak pour anéantir les camps rebelles.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues à travers le pays pour dénoncer le PKK et exhorter le gouvernement à agir, tandis que les médias racontaient l'infiltration de 200 séparatistes kurdes depuis le territoire irakien et l'embuscade dans une partie escarpée de la zone-frontière. Bilan : 12 soldats tués au sein de l'armée turque et des rumeurs vite démenties de militaires pris en otages. La contre-offensive immédiatement lancée par la Turquie s'est traduite par les accrochages les plus violents de ces dernières années dans la province de Hakkari, avec l'appui d'hélicoptères et de l'artillerie lourde, et la mort annoncée de 32 séparatistes.

Une réplique immédiate pas à l'ordre du jour ?

Pour autant, la traque des bases arrières kurdes côté irakien, à laquelle le Parlement turc a donné son feu vert mercredi dernier, n'a pas été lancée. Erdogan, qui avait souhaité que l'autorisation du Parlement ne soit jamais utilisée, espérant résoudre le problème par des voies diplomatiques - qui n'ont rien donné - auprès de Bagdad et de Washington, a laissé entendre qu'une réplique immédiate n'était pas à l'ordre du jour. "Nous agirons l'esprit calme", a-t-il déclaré dimanche aux journalistes.

Les chefs de l'opposition ont pourtant sommé le Premier ministre d'ordonner une opération en Irak. Mais Erdogan a déclaré après une réunion de crise que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait demandé à Ankara d'observer une pause de quelques jours avant une éventuelle riposte. "Nous attendons des Etats-Unis qu'ils prennent des mesures rapides (contre le PKK) compte tenu de notre partenariat stratégique", a déclaré Erdogan dimanche soir, laissant entendre que la Turquie espère une intervention de Washington contre le PKK. Le gouvernement irakien a dit prendre d'importantes mesures pour mettre fin à ce qu'il a qualifié "d'actes terroristes" du PKK. Mais le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani a prévenu que sa région autonome se défendrait en cas d'invasion turque.

D'après agence

le 22 octobre 2007 à 10:54
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6 Commentaires

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  • Dilek, le 23/10/2007 à 10h53

    Je pense surtout aux jeunes soldats, issus souvent des milieux ruraux les plus pauvres, enrôlés dans cette guerre à coups de discours démagogiques, avec pour seule récompense la promesse d'une légende héroïque post-mortem vaine à consoler la douleur des familles. Ils ont vingt ans à peine, partent à la guerre la tête haute et la main sur poitrine, affirmant payer leur "dette à l'état". Et quelle dette ont-ils ces enfants qui entrent dans la vie parfois sans l'espoir d'être scolarisé, tandis que les plus nantis, nourris au sein de l'instruction publique jouent habilement de l'esprit critique qui leur a été enseigné pour remettre en question le service militaire obligatoire et s?exiler aux Etats-Unis ou en Europe? Messieurs Bush, Erdogan et autres Belliqueux, envoyez donc vos fils au front : ces chers chérubins qui à l'heure actuelle étudient confortablement dans les plus grandes universités américaines. S'il est à ce point noble de servir de chair à canon, je vous invite à utiliser la vôtre. A moins que de telles perspectives vous incitent à chercher une solution plus pacifiste, plutôt que de collectionner six pieds sous terre des « héros » de la nation.

  • Enzo, le 22/10/2007 à 17h44

    La Turquie doit intervenir rapidement pour combattre le terrorisme,pourquoi l'occident est contre l'intervention dont la france, la turquie a beaucoup souffert de ses terroristes, il faut les eliminer rapidement.

  • Michel, le 22/10/2007 à 15h57

    La Turquie qu'il y a aussi du pétrole.......

  • Lionel, le 22/10/2007 à 14h42

    La Turquie dans l'UE?

  • Evin, le 22/10/2007 à 14h36

    Je suis plutôt d'origine Kurde que Turc. Mais marre des amalgames. Les Kurdes ne sont pas le PKK. Ces derniers sont des TERRORISTES en furie, qui attaquent à tout va dès qu'ils sont armés, l'objectif est de semer la guerre et ainsi espérer un territoire. Pb : le PKK ne contient pas que des kurdes mais une foulée de gens perdus en mal de vivre, que les USA ont armés pour se faire servir en Irak. Même scénario qu'après la guerre du Koweit, que la Turquie voulait éviter au début de cette gerre en Irak, lorsque tout le monde attribuait à la Turquie des volontés déifférentes. Ce que veut la Turquie : un pays en paix, avec sa mulitude d'ethnies kurdes, arméniens, georgiens, ... qui vevent très bien là bas. Que les USA et l'Europe arrête d'essayer de créer une deuxième yougoslavie, douloureuse histore !!!!

  • Artan, le 22/10/2007 à 11h16

    Diviser pour gouverner , vieux comme le monde...les US soutiennent le PKK en les armant jusqu'au dents.L'objectif , comme d'habitude , foutre le bordel et pouquoi pas une guerre civil en Turquie , la continuité de la Politique Bush...

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