Soldats de l'armée turque (21 octobre 2007) © TF1/LCIAprès la réunion, dimanche soir, de l'état-major de l'armée sous l'égide du Premier ministre Erdogan, le président turc Abdullah Gül reçoit ce lundi les chefs des partis politiques. Et la Turquie, entre déclarations bellicistes et manifestations ultra-nationalistes, se dit prête à se mobiliser, à payer le prix d'une opération dans le nord de l'Irak pour anéantir les camps rebelles.
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues à travers le pays pour dénoncer le PKK et exhorter le gouvernement à agir, tandis que les médias racontaient l'infiltration de 200 séparatistes kurdes depuis le territoire irakien et l'embuscade dans une partie escarpée de la zone-frontière. Bilan : 12 soldats tués au sein de l'armée turque et des rumeurs vite démenties de militaires pris en otages. La contre-offensive immédiatement lancée par la Turquie s'est traduite par les accrochages les plus violents de ces dernières années dans la province de Hakkari, avec l'appui d'hélicoptères et de l'artillerie lourde, et la mort annoncée de 32 séparatistes.
Une réplique immédiate pas à l'ordre du jour ?
Pour autant, la traque des bases arrières kurdes côté irakien, à laquelle le Parlement turc a donné son feu vert mercredi dernier, n'a pas été lancée. Erdogan, qui avait souhaité que l'autorisation du Parlement ne soit jamais utilisée, espérant résoudre le problème par des voies diplomatiques - qui n'ont rien donné - auprès de Bagdad et de Washington, a laissé entendre qu'une réplique immédiate n'était pas à l'ordre du jour. "Nous agirons l'esprit calme", a-t-il déclaré dimanche aux journalistes.
Les chefs de l'opposition ont pourtant sommé le Premier ministre d'ordonner une opération en Irak. Mais Erdogan a déclaré après une réunion de crise que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait demandé à Ankara d'observer une pause de quelques jours avant une éventuelle riposte. "Nous attendons des Etats-Unis qu'ils prennent des mesures rapides (contre le PKK) compte tenu de notre partenariat stratégique", a déclaré Erdogan dimanche soir, laissant entendre que la Turquie espère une intervention de Washington contre le PKK. Le gouvernement irakien a dit prendre d'importantes mesures pour mettre fin à ce qu'il a qualifié "d'actes terroristes" du PKK. Mais le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani a prévenu que sa région autonome se défendrait en cas d'invasion turque.
D'après agence
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