La plus haute tour du monde, 512,1 mètres, à Dubai © TF1-LCI"Les ouvriers ne veulent pas travailler et nous n'allons pas les y obliger". Derrière ces paroles en apparence lénifiantes, prononcées par un responsable du ministère du Travail de Dubaï, des menaces à peine voilées... Des menaces d'expulsion à l'encontre de travailleurs asiatiques qui avaient eu le tort de réclamer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.
Les autorités des Emirats arabes unis avaient décidé de prendre des sanctions sévères après la grève d'ouvriers étrangers ce week-end à Dubaï. Même si plusieurs centaines de milliers de travailleurs du bâtiment, originaires principalement d'Inde, du Pakistan et du Bangladesh, travaillent sur les chantiers de construction dans les Emirats, ils n'ont aucun droit de grève et le mouvement de ces derniers jours à Dubaï s'est accompagné de violences, rarissimes dans le pays. Chose d'autant plus inacceptable pour les autorités que Dubaï accueille un chantier hautement prestigieux : celui de la plus haute tour du monde, Burj Dubai.
Deux jours de grève et des violences
Samedi, plus de 4000 ouvriers du bâtiment avaient ainsi bloqué la principale artère menant à la zone de libre-échange de Jebel Ali, avant de jeter des pierres contre des voitures, dont 18 au moins avaient été sérieusement endommagées. Des milliers d'ouvriers d'autres entreprises s'étaient ensuite joints aux grévistes. Les forces anti-émeutes étaient intervenues au canon à eau pour disperser les manifestants qui s'en étaient pris à des voitures des forces de l'ordre. Un hélicoptère avait survolé la zone pour filmer la scène et identifier les meneurs. Le lendemain, le mouvement de grève s'était étendu à trois autres zones de Dubaï mais la police avait pu maîtriser la situation et renvoyer les grévistes dans leurs logements.
La réponse des autorités n'aura donc pas tardé : quatre mille ouvriers originaires de pays d'Asie vont être expulsés de Dubaï. "Les organismes compétents ont été contactés pour mettre en application les mesures nécessaires", a rapporté mardi le journal Emarat Al Youm, citant un responsable du ministère du Travail.
D'après agence
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