Soldats de l'armée turque (21 octobre 2007) © TF1/LCILa Turquie ne négocie pas avec une "organisation terroriste". Ainsi le ministre turc des affaires étrangères, Ali Babacan, a justifié mardi son rejet de l'offre de cessez-le-feu conditionnel du Parti des travailleurs du Kurdistan. "La question du cessez-le-feu concerne deux pays, deux armées, et pas une organisation terroriste. Le problème est un problème de terrorisme", a déclaré à Bagdad le ministre au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue irakien, Hoshyar Zebari. Lundi soir, le PKK avait annoncé qu'il était disposé à respecter un cessez-le-feu si l'armée turque renonçait à ses projets d'incursion et si l'Etat turc respectait les droits politiques et culturels de la minorité kurde en Turquie.
Le ministre turc des Affaires étrangères a également assuré mardi que son pays privilégiait "la diplomatie et le dialogue" pour régler la crise des rebelles kurdes dans le nord de l'Irak. "Nous ne voulons pas sacrifier nos relations culturelles et économiques avec notre voisin pour une organisation terroriste", a-t-il déclaré. Le ministre irakien des Affaires étrangères a lui a assuré son homologue turc que l'Irak allait combattre "la menace" des rebelles kurdes présents dans le nord de l'Irak. "Le gouvernement irakien soutiendra activement la Turquie pour combattre [cette] menace", a déclaré Hoshyar Zebari.
De son côté, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a annoncé que l'Irak allait fermer les bureaux du Parti des travailleurs du Kurdistan dans le pays et interdire au groupe "terroriste" d'opérer sur le sol irakien et de "menacer l'Irak et la Turquie". Cette annonce intervient alors qu'Ali Babacan était à Bagdad pour des tractations visant à éviter le recours à la force par Ankara contre les rebelles kurdes dans le nord de l'Irak. Ankara demandait au pouvoir central à Bagdad d'agir pour empêcher que le PKK ne lance des opérations à partir du Kurdistan irakien. Ces tentatives suivent une embuscade du PKK dimanche près de la frontière irako-turque dans laquelle 12 soldats turcs ont été tués, et huit faits prisonniers, et qui a fait augmenter la crainte d'une riposte militaire turque.
Une éventuelle intervention en Irak viserait seulement le PKK |
Une éventuelle intervention militaire turque en Irak ne viserait que les positions du Parti des travailleurs du Kurdistan, a affirmé mardi à Londres le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, assurant que la Turquie n'avait aucune ambition territoriale en Irak. "Nous pensons qu'il n'est pas bon de permettre à une organisation terroriste d'avoir des bases arrières dans cette partie du pays", a-t-il poursuivi. "En droit international, permettre à une organisation terroriste d'aller d'un territoire vers un pays voisin n'est pas permis". |
(D'après agence)
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