Erik Prince, le PDG de Blackwater © TF1/LCIL'affaire Blackwater va-t-elle être à l'origine de nouvelles tensions entre Bagdad et Washington ? Toujours est-il que le gouvernement irakien demande désormais aux Etats-Unis de stopper le contrat qui le lie à la société de sécurité privée pour la protection des diplomates américains en poste dans le pays.
Son rapport sur la fusillade du 16 septembre dernier -où au moins 17 civils irakiens sont morts d'après le dernier bilan- est en effet sans équivoque pour Blackwater : pour les auteurs du document, les hommes de Blackwater ont tiré sans sommation et sans raison sur des civils qui ne les menaçaient pas. "Ils n'ont même pas reçu une pierre", souligne le texte, qui n'hésite pas à utiliser le terme "meurtre". Une version réfutée par l'entreprise qui affirme que ses employés ont agi en état de légitime défense pour répliquer à l'attaque du convoi qu'ils protégeaient. Le gouvernement irakien exige également que Blackwater verse 8 millions de dollars d'indemnités aux familles de chaque victime.
Autre sujet de discorde : Bagdad souhaite pouvoir poursuivre les employés de Blackwater concernés par la fusillade. Or les lois introduites en 2003 par les autorités américaines à la fin de la guerre contre le régime de Saddam Hussein accordent théoriquement l'immunité aux sociétés privées opérant sur le territoire. Mais pour l'Irak, la licence de Blackwater pour travailler dans le pays a expiré fin 2006, plaçant de fait ses employés sous le coup de la justice ordinaire. Sans surprise, l'interprétation de Blackwater est différente. Quoi qu'l en soit, cette immunité ne s'applique pas aux Etats-Unis où l'enquête ouverte par le FBI pourrait aboutir à des poursuites.
| Deux civils tués mardi par des gardes privés |
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