Soldat turc à la frontière irakienne (21 octobre 2007) © TF1/LCIMercredi, le Parlement turc donnait son feu vert à une possible offensive contre les bases arrières du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak. Depuis la tension, déjà très vive, est encore montée d'un cran : comme prévu, les principaux dirigeants civils et militaires turcs ont entamé dimanche soir une réunion de crise sous la direction du chef de l'Etat Abdullah Gül pour décider de la riposte aux séparatistes kurdes, ont rapporté les médias. S'il s'est élevé contre "l'alarmisme" des médias, le ministre de la Défense a confirmé le même jour que la Turquie "a des projets d'incursion en Irak", même s'ils ne sont pas envisagés "de manière urgente".
Autant d'annonces faites alors qu'une embuscade imputée aux séparatistes kurdes aurait fait selon l'armée au moins 12 morts et 16 blessés parmi les soldats turcs, non loin de la frontière irakienne ; 32 rebelles kurdes auraient aussi perdu la vie. Dans cette partie sud-est du pays, les séparatistes du PKK considérés comme terroristes par la Turquie, l'UE et les Etats-Unis, mènent une véritable guerre qui a fait 37.000 morts depuis 1984.
Une attaque de séparatistes
Les combats ont été déclenchés par l'attaque de séparatistes contre une patrouille dimanche matin, près du village de Daglica, dans une région montagneuse toute proche de la frontière. La situation sur les lieux des accrochages est confuse et les combats continuent. Dimanche après-midi, des militaires "poursuivent les terroristes" selon l'armée, avec le soutien d'hélicoptères de combat et de l'artillerie lourde. Dans le même temps, le PKK a annoncé avoir capturé un groupe de soldats turcs dans la zone frontalière, entre la Turquie et l'Irak - ce qu'a démenti le ministre turc de la Défense. Une dizaine de civils ont également été blessés par l'explosion d'une mine au passage du minibus dans lequel ils voyageaient.
La Turquie estime que quelque 3500 hommes armés du PKK sont basés dans le nord de l'Irak, sous contrôle d'une administration kurde irakienne, où ils s'approvisonnent en armes pour lancer des attaques en territoire turc. Elle accuse les dirigeants kurdes irakiens de tolérer et même de soutenir les rebelles. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a renouvelé dans une interview télévisée vendredi soir un appel à Washington et Bagdad à mettre un terme aux activités du PKK en Irak du nord, rappelant qu'Ankara était prêt à une opération transfrontalière le cas échéant.
Mais les autorités irakiennes et américaines s'opposent à une telle opération "unilatérale" en Irak du nord, dont les dirigeants ont annoncé qu'ils résisteraient à toute incursion militaire turque sur leur territoire. Alors que le président américain George W. Bush a déclaré inacceptables dimanche les attaques des rebelles kurdes du PKK, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a souligné la nécessité d'obtenir des renseignements précis sur la localisation des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan dans le nord de l'Irak avant toute action contre eux. Une position fermement rappelée par le parlement irakien, qui a condamné la menace d'une incursion dans une motion votée dimanche.
D'après agences
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