Le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki © TF1/LCIL'Irak s'est engagé samedi, devant une conférence ministérielle réunie à Istanbul, à agir, y compris par des arrestations, contre les rebelles kurdes du PKK basés dans le nord du pays, alors que la Turquie menace toujours d'intervenir militairement contre eux. Dans leur déclaration finale, les participants à la conférence, qui réunissait l'Irak et les pays voisins, ont apporté leur soutien aux efforts de Bagdad pour "empêcher le territoire irakien d'être utilisé comme base terroriste contre des pays voisins".
Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien, a annoncé "des mesures fortes" contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ainsi, "nous avons pris une décision définitive de fermer les bureaux du PKK en Irak. Nous prenons des mesures fortes (...) Nous allons surveiller les membres (du PKK) dans les régions où ils sont basés", a déclaré le chef du gouvernement irakien. A la question de savoir ce qu'il adviendrait si des membres du PKK étaient interceptés par les autorités, le porte-parole du gouvernement irakien a répondu : "Ils seront arrêtés".
Intervention militaire?
A l'ouverture de la conférence d'Istanbul, le Premier ministre turc, avait lancé un nouvel appel à "des mesures urgentes et substantielles" contre le PKK. "Le rétablissement de la sécurité intérieure et de la stabilité de l'Irak est d'une importance vitale pour l'Irak et ses voisins", avait-il estimé. Après l'annonce des nouvelles mesures irakiennes, le ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan, a répété qu'une intervention militaire d'Ankara dans le nord de l'Irak restait "sur la table pour la Turquie".
Selon la déclaration finale de la conférence, "les participants (...) condamnent tous les actes terroristes sous toutes leurs formes et soutiennent les efforts accrus du gouvernement irakien dans la lutte contre le terrorisme, y compris tous les efforts visant à empêcher le territoire irakien d'être utilisé comme base terroriste contre des pays voisins".
"Eviter une déstabilisation"
Plus tôt, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a exhorté la Turquie "à ne pas traverser la frontière" irakienne, l'appelant à éviter de déstabiliser davantage un pays "déjà déstabilisé". "C'est aux Irakiens de contrôler leur territoire", a-t-il dit après un entretien avec son homologue turc Ali Babacan en marge d'une conférence sur l'Irak. Au même moment, environ 5 000 kurdes de Turquie ont manifesté près de la frontière irakienne pour dénoncer les plans turcs d'incursion militaire, estimant qu'une telle opération attiserait les tensions ethniques dans la région.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice devait quant à elle avoir samedi une réunion trilatérale avec des responsables turcs et irakiens, au lendemain d'entretiens séparés avec les deux parties et à deux jours d'une rencontre entre Recep Tayyip Erdogan et le président américain George W. Bush à Washington.
| Le PKK libère huit soldats turcs |
Les huit soldats turcs, prisonniers depuis le 21 octobre des séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ont été libérés dimanche matin dans le nord de l'Irak et remis aux autorités locales du Kurdistan irakien, a confirmé un responsable du PKK. Selon l'agence de presse turque Anatolie, qui avait auparavant annoncé leur libération, les militaires ont été libérés "dans un lieu sûr" au Kurdistan irakien. Les huit hommes avaient été fait prisonniers au cours de l'assaut du PKK contre une position militaire en territoire turc, près de la frontière irakienne, au cours de laquelle 12 autres soldats avaient péri. |
(D'après agence)
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