Le Liban au bord de la crise politique

le 23 novembre 2007 à 20h34 , mis à jour le 23 novembre 2007 à 21h44

A quelques heures de la fin de son mandat, le président Emile Lahoud a décidé de confier la sécurité du pays à l'armée, ce que rejette par le gouvernement.

Liban : interview exclusive d'Emile Lahoud

Le président libanais sortant Emile Lahoud a décidé vendredi de confier la sécurité du pays à l'armée, à quelques heures de la fin de son mandat, une décision immédiatement rejetée par le gouvernement. Selon son porte-parole, Rafic Chalala, Emile Lahoud, qui doit quitter ses fonctions vendredi à minuit en vertu de la Constitution, a décidé de "confier à l'armée la prérogative de préserver la sécurité sur l'ensemble du territoire et de mettre toutes les forces de sécurité sous l'autorité" de celle-ci. Mais selon un haut responsable de la sécurité, l'annonce du président libanais équivaut "à déclarer l'état d'urgence". Or le président n'est "pas habilité à prendre cette décision".

Une source proche du palais présidentiel a de son côté indiqué que la décision d'Emile Lahoud "signifiait que l'armée a le droit de prendre les mesures qu'elle juge nécessaires pour préserver la sécurité". Une décision que le gouvernement libanais, soutenu par la majorité antisyrienne, a aussitôt rejeté, la qualifiant de "non valable". La décision "n'a aucune valeur constitutionnelle et de ce fait elle est nulle et non avenue", a affirmé un responsable du bureau du Premier ministre, Fouad Siniora, ce dernier ayant par ailleurs affirmé vendredi soir que son gouvernement continuerait d'assumer ses responsabilités après le départ d'Emile Lahoud 

L'élection à nouveau reportée

Un peu plus tôt dans la journée, le cabinet d'Emile Lahoud avait annoncé que le président sortant quitterait ses fonctions comme prévu par la Constitution à minuit, terme de son mandat, en dépit de l'incapacité du Parlement à se mettre d'accord sur le nom de son successeur. Vendredi en effet, la séance parlementaire consacrée à l'élection d'un nouveau chef de l'Etat a été reportée pour la cinquième fois en deux mois, faute d'un accord entre la majorité parlementaire antisyrienne et l'opposition soutenue par Damas et Téhéran. Un report qui aggrave un peu plus les incertitudes sur l'avenir politique du pays et les inquiétudes sur une dégradation de la sécurité.

En raison de la haute tension politique, les mesures de sécurité ont en tout cas été renforcées, notamment à Beyrouth et dans ses environs. Blindés, soldats et membres des Forces de sécurité intérieure étaient postés vendredi aux principaux axes routiers de la capitale. Inquiets face au risque de voir le blocage politique du pays dégénérer en incidents violents, de nombreux Libanais ont même préféré rester chez eux vendredi.

(D'après agence)

le 23 novembre 2007 à 20:34
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