Des députés libanais © LCIL'élection du successeur d'Emile Lahoud à la tête du Liban va-t-elle avoir lieu aujourd'hui, dernier jour de son mandat ? Malgré le boycott annoncé de cette élection par l'opposition, en l'absence d'un accord avec la majorité sur un candidat qui fasse consensus, la majorité parlementaire a demandé à "tous les députés" de se rendre au Parlement pour participer au scrutin.
Le Hezbollah chiite, qui mène l'opposition soutenue par Damas et Téhéran, a estimé que cet appel allait "contre le consensus". "Toute mesure hors du consensus est vouée à un échec total", a déclaré le responsable des relations extérieures du Hezbollah, faisant allusion à l'éventualité évoquée par le camp antisyrien, en l'absence d'accord, d'une élection à la majorité simple par les 68 députés (sur 127) dont il dispose. L'opposition, elle, exige un quorum des deux tiers. Elle a également agité la menace d'un gouvernement parallèle, ce qui fait craindre que le pays ne plonge dans le chaos.
"un miracle est encore possible"
Les chefs de la diplomatie française Bernard Kouchner, italienne Massimo D'Alema et espagnole Miguel Angel Moratinos ne sont pas parvenus à lever les blocages et ont placé peu d'espoirs dans les chances de réunir les députés vendredi. Pour Bernard Kouchner, "un miracle est encore possible demain, mais je crois que ce sera un peu compliqué". Bernard Kouchner, dont c'est la sixième mission au Liban en six mois, n'a pas écarté de revenir au Liban "si c'est utile". Le chef de la diplomatie française, arrivé dimanche soir, devait partir dans la nuit de jeudi à vendredi, selon son entourage.
L'un des piliers de l'opposition, le chrétien Michel Aoun, a proposé que son camp nomme un candidat intérimaire à la présidence et que la majorité antisyrienne nomme le futur Premier ministre, comme solution au blocage. Michel Aoun, qui abandonne ainsi temporairement sa propre candidature à la présidence, a précisé que son initiative était uniquement valable jusqu'à vendredi soir. Mais la majorité a indirectement dénoncé cette proposition, qu'elle considère comme "une atteinte à la fonction présidentielle".
Mesures de sécurité exceptionnelles
Au-delà des péripéties internes, l'élection libanaise est considérée par de nombreux diplomates comme un nouvel épisode d'une épreuve de force entre les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux d'un côté, la Syrie et l'Iran de l'autre. Paris et Washington ont fait savoir qu'ils étaient prêts à améliorer leurs relations avec Damas, si la Syrie acceptait de ne pas interférer dans le processus présidentiel chez son voisin.
Le président sortant Lahoud a lui annoncé qu'en l'absence de vote, il aurait des "devoirs" à accomplir pour que sa "conscience soit tranquille", sans préciser la teneur des mesures qu'il compte prendre. Dans ce climat de haute tension, des mesures exceptionnelles de sécurité ont été prises dans la capitale.
D'après agence
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